Ne cherchez pas le chapiteau, les roulottes ou les acrobates. L'arrivée du cirque est celle, plus discrète, de l'École nationale de cirque de Montréal (ENC), qui entame vendredi une tournée de 18 villes canadiennes, pour recruter des jeunes de 9 à 17 ans.

Jean Siag LA PRESSE

Écoles de cirque de loisir, salles communautaires, gymnases, l'École nationale de cirque s'en va à la rencontre des jeunes et de leurs familles pour faire le plein de jeunes talents. Peu de gens le savent, mais l'ENC est l'unique école canadienne à offrir à la fois un programme d'études secondaires et collégiales et une formation supérieure dans les arts du cirque.

Dans le cadre de cette tournée, qui s'échelonnera sur une période de deux semaines, l'École évaluera le potentiel des jeunes intéressés par cette formation dans les villes ciblées, notamment à Halifax, Moncton, Toronto, Calgary, Edmonton, Vancouver, etc. Au Québec, l'École ira à Gatineau, Québec, Rouyn-Noranda, Saguenay, Magog et Disraeli (reconnue pour son école de cirque).

«Des jeunes de 12 ou 13 ans, s'ils veulent faire le concours d'entrée, mais qu'ils doivent prendre l'avion avec leurs parents, ça peut être un obstacle, explique le directeur de l'École, Marc Lalonde. Donc, on se rapproche des communautés pour auditionner les jeunes dans des écoles de cirque ou des clubs de gym.»

Formation préparatoire

La volonté de l'École est, bien sûr, de recruter des jeunes dès l'âge de 9 ans. Pour les initier au cirque par le biais d'une formation préparatoire, lorsqu'ils s'inscrivent aux camps d'été, par exemple. D'où la tournée de présélection de l'École, la plus importante à ce jour. Le concours d'entrée, à 11 ans, demeure obligatoire. «Mais les jeunes qui ont été présélectionnés ont bien sûr de bonnes chances», précise Marc Lalonde.

Au mieux, les jeunes fréquentent l'École pendant huit ans; les cinq ans de l'école secondaire, et les trois ans de collégial. Mais tous les cas de figure existent. Certains arrivent en milieu de parcours après avoir entamé une formation dans une autre école de cirque, ou encore se joignent au groupe pour les trois ans de formation professionnelle du collégial. Le spectacle des finissants à la TOHU marque la fin de leur passage à l'École.

Environ 150 étudiants fréquentent l'École nationale de cirque. Une centaine d'entre eux sont formés comme artistes de cirque et entre 15 et 20 le sont pour devenir enseignants. Mais parmi les élèves du secondaire, on n'en compte que 28 répartis sur cinq ans. «On pourrait facilement doubler ce nombre, indique celui qui dirige l'École nationale de cirque depuis 12 ans. On pourrait avoir une douzaine de jeunes par niveau. Mais ça ne se trouve pas facilement. C'est un entraînement quand même intensif.»

Au collégial, environ une trentaine d'élèves sont sélectionnés pour le programme professionnel, étalé sur trois ans étant donné le nombre élevé d'heures d'entraînement, qui avoisine les 22 heures par semaine. Un peu plus du quart des élèves vient de l'étranger.

Parallèlement à la tournée de l'ENC, des discussions ont également lieu avec des écoles secondaires pour mettre en place des programmes d'art-études, qui donneraient la possibilité aux jeunes de pratiquer les arts du cirque au même titre que la musique, les arts plastiques ou le théâtre. «Même si certains jeunes ne deviendront jamais des athlètes d'élite, dit Marc Lalonde, c'est bien de pouvoir les initier au cirque.»

La tournée de l'École nationale de cirque aura lieu du 28 octobre au 12 novembre. Inscriptions: www.ecolenationaledecirque.ca