Sorti de l'École nationale de l'humour en 1994, Prix du jury à Laval qui rit en 1995 et Coup de coeur «scènes extérieures» de Juste pour rire en 1996, l'humoriste Martin Félip relance sa carrière au Gesù samedi pour repartir à la conquête du monde... de chez nous.

Éric Clément LA PRESSE

À 38 ans, Martin Félip pense que son temps est venu. «Il y en a qui prennent l'autoroute; moi, c'était plus le chemin de garnotte, une trail même pas défrichée!» dit l'humoriste montréalais en entrevue à La Presse, accompagné de son jeune fils Axel.

Depuis 17 ans, Martin Félip a fait beaucoup de bars. «J'ai joué beaucoup sur l'attitude bars, sur ce dont j'avais l'air, le genre bum, mais ça a fait son temps. Ça fait un moment que je regarde mes chums du bord du quai. J'ai envie de faire partie de la parade un peu!»

Martin Félip a déjà connu quelques succès. Des apparitions en France en 1997, 1998 et 2000, année où Laurent Paquin a même fait sa première partie à Marseille, dit-il en riant. Il a lui-même fait des premières parties, de Réal Béland et de Sylvain Larocque, notamment.

Il a touché un peu à la télé. Des apparitions à Chabada, La croisière en folie, Flash, Les Bougon. En 2001, il a produit un premier spectacle, mais ça n'a pas marché. «Ce n'était pas le meilleur de Martin Félip, dit-il. On était à des lunes de ce que je suis capable de faire et de ce que les gens aiment voir.»

Il a travaillé fort, toujours dans les bars. Mais une légère dépendance à l'alcool lui a mis des bâtons dans les roues. Il a dû suivre une thérapie. Révélation à Juste pour rire en 2006 puis en lice pour le prix Découverte au gala des Olivier de 2007, il veut repartir à la conquête d'un public.

«Je suis un gars de party, je ne m'en suis jamais caché, mais là, je vais avoir 39 ans en janvier, je me suis remonté les manches», dit-il.

Dans son nouveau spectacle, il aborde des sujets difficiles comme le suicide ou la perte d'un enfant en bas âge, épreuve à laquelle sa conjointe et lui ont dû faire face.

«Le numéro est raide, mais Mike Ward m'a dit que, comme je l'ai vécu, j'ai le droit d'en parler. François Morency m'a conseillé de prendre le meilleur de mon stock et de le peaufiner. Je l'ai travaillé avec Pierre-Bruno Rivard et François-Pierre Tremblay, mon producteur.»

Avec un humour qu'il promet «débridé et mordant», Martin Félip espère convaincre. «Je ne suis pas juste un gars de bars, dit-il. C'est sûr que je sacre. On ne peut dire que le système de santé est plat en fudge. Non! C'est long en sacrament! Il n'y aura pas de jokes de tulipes ou de papillons, mais on va rire beaucoup. Et je veux aller chercher le monde un par un pour leur dire qui je suis.»

À la conquête du monde, avec Martin Félip, à la salle du Gesù, samedi prochain, 20h.