Entre deux spectacles du Cirque du Soleil et quelques opéras, le cinéaste et metteur en scène François Girard revient au théâtre en octobre avec Le fusil de chasse, du Japonais Yasushi Inoué, un des rendez-vous de l'automne à l'Usine C.

Marie-Claude Girard LA PRESSE

Après le film Soie, plusieurs opéras et le spectacle ZED du Cirque du Soleil à Tokyo, le réalisateur François Girard revient au degré zéro du théâtre en mettant en scène une adaptation très dépouillée du roman épistolaire Le fusil de chasse du Japonais Yasushi Inoué.

François Girard aime bien se promener d'un extrême à l'autre, passer de l'échelle «mammouthesque» de ZED et de ses 75 artistes à un «one woman show» à la mise en scène épurée. Avant de reprendre du service au Cirque du Soleil, il retourne à l'essence de la mise en scène avec une pièce minimaliste qui reporte tout sur le texte et sur l'actrice, Marie Brassard. Exactement comme il avait fait avec Novecento, au Théâtre de Quat'Sous en 2001, avec un seul personnage pratiquement immobile.

C'est d'ailleurs à cette époque que Wajdi Mouawad lui avait fait découvrir le livre de Yasushi Inoué en lui suggérant d'en faire un film. «Je lui ai répondu: «Ce n'est pas un film, c'est une pièce de théâtre!»» raconte François Girard.

Inoué est considéré comme un des géants de la littérature japonaise du XXe siècle, avec Mishima et Murakami. Le fusil de chasse est un petit chef-d'oeuvre, note François Girard. «C'est très touchant, très beau comme écriture, très japonais. C'est aussi dans la forme d'un monologue, trois lettres qui se prêtent éminemment à l'adaptation théâtrale.» Trois femmes écrivent au même homme: la fille de sa maîtresse, sa femme, qu'il a trompée et délaissée, et sa maîtresse, qui s'est suicidée. Les différents points de vue font découvrir de nouveaux aspects du personnage, interprété par Rodrigue Proteau. Serge Lamothe, collaborateur de longue date de Girard, signe l'adaptation.

«C'est un projet que je veux le plus zen, le plus simple dans l'oeil du public. Mais c'est parfois un peu compliqué de faire les choses simples!» constate François Girard, qui retrouve avec plaisir Marie Brassard, avec qui il avait travaillé il y a une vingtaine d'années dans le film Suspect numéro 1.

La comédienne pourrait d'ailleurs reprendre la pièce en anglais l'année prochaine. Plus étonnant, l'Usine C prévoit la présenter en japonais à Montréal l'année prochaine, avec l'actrice Miki Nakatani, qui jouait Madame Blanche dans Soie. Et aussi la faire voyager au Japon, puisqu'il s'agit d'une coproduction du Parco Theater de Tokyo et du Théâtre français du CNA d'Ottawa.

En plus de ses spectacles pour le Cirque du Soleil et un projet de film qui se déroulera au Québec, le metteur en scène travaillera bientôt à une commande du Metropolitan Opera de New York, Parsifal de Wagner, qui sera d'abord créé à Lyon en 2012.

Aussi à l'Usine C

Outre Premier amour de Samuel Beckett, mis en scène et interprété par Sami Frey, qui ouvre la saison du 22 au 25 septembre, signalons un spectacle familial prometteur: En attendant Le Songe (d'une nuit d'été), mis en scène par Irina Brook, fille du cinéaste et homme de théâtre Peter Brook. Une troupe de théâtre grecque devait présenter la pièce de Shakespeare mais seuls les techniciens sont arrivés... Qu'à cela ne tienne, ils improviseront un spectacle (les 29 et 30 octobre).

Aussi, en décembre, Daniele Finzi Pasca (Icaro, cirques Éloize et du Soleil), présente Donka-Une lettre à Tchekhov, qu'il a écrit et mis en scène. Un hommage au dramaturge russe, qui a ouvert les festivités entourant le 150e anniversaire de sa naissance à Moscou. Côté danse, plusieurs productions intéressantes. À noter, la comédienne Céline Bonnier sera de la chorégraphie O oui, de Benoît Lachambre, avec la danseuse Annick Hamel, en février 2011.

___________________________________________________________________________

Pour la programmation complète de l'Usine C: www.usine-c.com