La Maison Théâtre reçoit de la grande visite: la comédienne Béatrice Picard, qui se retrouvera sur scène avec quatre jeunes comédiens dans S'embrasent. Une pièce destinée au public adolescent qui traite du coup de foudre.

Mis à jour le 13 févr. 2010
Jean Siag LA PRESSE

Celle qui crève le petit et grand écran depuis près de 60 ans - qui est aussi la voix de Marge Simpson depuis près de 20 ans! - n'a pas hésité longtemps lorsqu'on lui a proposé de jouer dans S'embrasent, une pièce écrite par le Français Luc Tartar, qui raconte le choc éprouvé par deux jeunes gens, Jonathan et Latifa, qui s'embrassent un jour de grande bise dans leur cour d'école.

«Ça provoque chez ces jeunes un émerveillement et une très grande crainte, raconte Béatrice Picard. C'est magnifique. Moi, je suis comme une sentinelle, qui habite juste à côté, qui voit tout ce qui passe et qui est très favorable à ces jeunes. Je m'intègre d'ailleurs tranquillement à eux. Si bien que je redeviens jeune... enfin jeune de coeur.»

«Comme le dit si bien mon personnage, j'ai beau avoir 80 ans, je sais ce que c'est l'appel des sens!» dit-elle dans un grand éclat de rire.

Le texte ne fait pas plus de 15 pages, ce qui a posé un certain défi au metteur en scène Éric Jean, qui a dû composer avec ce très beau texte choral... sans répliques. «On traite de différents sujets. C'est comme un immense poème, nous dit Béatrice Picard. Il y a des titres, mais pas de répliques. Il a fallu travailler ensemble pour trouver la partition de chacun.»

Présentée à Laval l'an dernier, le temps de cinq représentations, la pièce produite par Sébastien Harrisson et son Théâtre Bluff (D'Alaska), a touché les jeunes qui l'ont vue, selon la comédienne, qui partage la scène avec quatre collègues: Francesca Bàrcenas (vue récemment dans Le portier de la gare Windsor), Christian Baril, Mathieu Girard et Talia Hallmona.

Une question nous turlupine dans cette histoire de «premier baiser». Pourquoi ne pas l'avoir intitulée: S'embrassent ou Le baiser. «Parce que c'est beaucoup plus qu'un baiser, répond Béatrice Picard, qui fera sa première apparition à la Maison Théâtre. C'est une onde de choc! Est-ce qu'on peut expliquer un coup de foudre? Mon personnage tente de le faire.»

L'arène du théâtre jeune public, Béatrice Picard connaît. Il y a deux ans, elle a joué dans une adaptation de L'avare de Molière (La comédie humaine), qui a d'ailleurs fait une tournée québécoise, notamment dans des écoles secondaires de la province. «Mais, j'ai souvent été à la Maison Théâtre avec mes petits-enfants!» glisse-t-elle.

«De toute façon, je préfère parler du théâtre tout court. Parce qu'on y met autant de soins et de travail, que ce soit pour le décor, les éclairages, etc. Et puis, ça peut toucher tout le monde. Qu'on soit adolescent ou adulte. L'âme humaine est capable de ressentir des choses. Moi, j'invite les adultes à venir voir S'embrasent!»

En effet, personne n'est à l'abri de ces coups de foudre, qui peuvent survenir à tout âge. Béatrice Picard en sait quelque chose, elle qui s'est mariée il y a six ans.

«C'était le jour de mes 75 ans, nous confie-t-elle. Ça fait neuf ans que je reçois des fleurs de mon amoureux chaque semaine. Avec une lettre accompagnée d'un poème, pas nécessairement de lui, mais qui se rattache à ses humeurs. C'est tellement beau. C'est vrai que l'amour n'a pas d'âge.»

À bon entendeur, messieurs...

S'embrasent, à la Maison Théâtre du 18 au 28 février. Pour les 14 ans et plus.