L'imitateur André-Philippe Gagnon reprend du service, mais il sera surtout présent sur la scène internationale au cours des prochaines années, n'excluant pas un retour à Las Vegas. Pour un nouveau spectacle au Québec, il faudra patienter quelques années.

Mis à jour le 17 déc. 2009
Alain Martineau LA PRESSE CANADIENNE

Mais en attendant, la chaîne de télévision Super Écran offrira un cadeau de fin d'année en présentant l'intégrale du spectacle André-Philippe Gagnon live à Québec - Le retour du Nordique, capté devant 20 000 spectateurs l'été dernier à la Place d'Youville.

Dans ce spectacle de 90 minutes présenté le jeudi 31 décembre à 21h, on pourra voir un Gagnon, portant son chandail des défunts Nordiques, qui imite et qui bouge tout autant qu'à ses débuts, il y aura bientôt 25 ans, quand il avait fait Les lundis des ha! ha!.

Stéphane Laporte et Pierre Séguin ont épaulé l'humoriste québécois qui aborde des sujets d'actualité à travers des imitations de vedettes dont les incontournables Lionel Richie, Joe Cocker et Frank Sinatra (en duo avec Céline sur écran géant).

La grippe A (H1N1) s'était aussi retrouvée dans le spectacle, ce qui a permis à Gagnon d'imiter Dan Bigras et ses Trois petits cochons. Et pour le réchauffement de la planète, rien de mieux qu'un succès de Paul Piché qui colle plus que jamais au sujet environnemental du jour.

Mais le sport et la religion du hockey prennent beaucoup de place. Et comme il se doit, plusieurs personnalités sont écorchées au passage à commencer par Marcel Aubut (l'essoufflé «propriétaire des Jeux olympiques»), Michel Bergeron (qui a toujours de la difficulté avec les noms de famille des joueurs du Canadien) et Jacques Demers (qui tient inutilement ses feuilles devant la caméra).

Bref, en tenant compte de la participation du public, on a droit à un peu de tout dans ce spectacle plaisant, lancé en 2006 et qui a été un peu remanié pas la suite.

«Comme d'habitude, André-Philippe chante avec justesse et précision, a dit son fidèle ami et collaborateur aux textes Stéphane Laporte, et en plus, il y a le volet commentaires sur l'actualité avec imitation parlée. Les gens vont apprécier.»

L'imitateur multipliera les présences en 2010, d'abord à Toronto en janvier et plus tard dans l'année, et dans ce qu'il appelle «les villes de la Ligue canadienne de football» dont Vancouver, pendant les Jeux olympiques, en février.

Parmi les nouvelles vedettes qu'il imitera, il y aura Susan Boyle, la chanteuse écossaise qui a fait un malheur lors de son passage à une émission de téléréalité. Gagnon a reconnu qu'il s'agissait d'un gros défi. «Physiquement et vocalement», a ajouté l'artiste.

«Susan est un bon défi, a renchéri Laporte. J'essaie tout le temps de mettre la barre haute.»

«Depuis mes débuts, a signalé Gagnon, Stéphane m'encourage à m'améliorer. Il arrive continuellement avec des idées, de nouveaux gags. Moi j'arrive avec de nouvelles voix. Parfois c'est plus difficile. Je pense ne pas pouvoir faire telle imitation et je finis par l'avoir. Ou parfois, des textures de voix se mélangent et ça donne d'autres imitations.»

L'actualité rattrape parfois rapidement le duo comme ce fut le cas récemment avec Tiger Woods. «J'en ai fait allusion lors d'un spectacle à Ottawa, a dit Gagnon. J'y suis allé d'une imitation de Jacques Demers avec: «Pauvre Tiger! Je le comprends. «Scraper» un fer 3 et son «char» la même journée».»

Le spectacle en anglais de l'imitateur québécois pourrait aboutir à Las Vegas, a confié l'humoriste québécois qui a déjà livré des prestations pendant plus de quatre ans dans la capitale du jeu. Il a déjà prévu à son horaire une incursion du côté américain.

André-Philippe Gagnon, qui a été plutôt discret au cours des dernières années, risque aussi de retourner en Europe, où il est aussi connu.

«Ce n'est pas exclu. On a des invitations pour des festivals en France. C'est très agréable. Et si on y va, il y aura aussi la Belgique et la Suisse», a admis Gagnon.

C'est donc dire qu'André-Philippe Gagnon devrait être «dans les valises», comme il le dit, et ce, pendant deux ou trois ans avant de revenir chez lui, probablement avec un nouveau spectacle signé Stéphane Laporte, son fidèle collaborateur.

«On est chanceux, reconnaît Laporte, c'est rare, de maintenir une aussi longue collaboration. Moi, ça me donne la chance d'écrire partout dans le monde. André-Philippe ne fait pas d'album, il ne doit compter que sur des spectacles en tournée. Il y va de 200 shows par année. Mais quand on revient au Québec, on sent qu'il est l'enfant chéri comme les «Dodo» (Dominique Michel) et Céline (Dion). Le public l'a adopté comme son enfant.»