Il y a tout près de deux ans, Lindsay Buckingham chantait au Métropolis devant un parterre clairsemé. Hier soir, il était tout feu tout flamme devant plus de 11 000 spectateurs enthousiastes au Centre Bell. La différence tient en deux mots: Fleetwood Mac.

Alain de Repentigny LA PRESSE

Buckingham a été le point de mire du très bon spectacle du groupe britano-américain, hier. Les fans montréalais ont acclamé ce fabuleux guitariste-chanteur-bête de scène sans qui la soirée n'aurait sûrement pas autant levé. Quand, juste avant les rappels, Buckingham nous a servi So Afraid et Go Your Own Way, sa folle énergie et sa guitare incendiaire ont soulevé une foule dont l'appréciation pourtant tangible tombait souvent à plat tellement les pauses étaient longues entre les chansons. Ceux qui ont vu Buckingham au Métropolis en avril 2007, ou encore au Forum dans les années 90, en première partie de Tina Turner, connaissaient sa fougue et son talent considérable. Hier soir, il était encore meilleur, parce que bien entouré.Par Stevie Nicks, bien sûr. La princesse-gypsy-sorcière de Fleetwood Mac a dans ses bagages des tas de chansons midtempo que tout le monde connaît par coeur et on dirait que le retrait de Christine McVie à la fin des années 90 lui donne encore plus envie de prendre véritablement sa place dans le groupe. Si elle pousse moins haut la note que par le passé, sa voix nasillarde n'a rien perdu de son charme. Plus la soirée avançait, plus la dame blonde était belle à voir, particulièrement pendant l'atmosphérique Gold Dust Woman et Stand Back, un succès de sa carrière solo dont la musique fait très années 80. Buckingham nous réservait lui aussi un succès de son cru, Go Insane, mais peut-être auraient-ils dû laisser au vestiaire les deux emprunts aux absents de Fleetwood Mac: Say You Love Me était en manque flagrant de la voix et du piano de Christine McVie, tandis que la version buckinghamesque de Oh Well! de Peter Green était une bien pâle copie de l'hymne du grand guitariste de blues du Fleetwood Mac de 1969.

L'autre grand atout de Fleetwood Mac, celui qui a fait de tous ceux qui ont joint le groupe de meilleurs musiciens et chanteurs, c'est la solide section rythmique formée par le batteur Mick Fleetwood et le bassiste John McVie, l'un aussi clown et animateur de foule que l'autre est effacé. Quand ces deux-là se mettent à l'ouvrage, croyez-moi, le plancher vibre littéralement sous nos pieds et Buckingham peut s'envoler aussi haut qu'il le veut sans crainte de s'écraser.

Cette année, Fleetwood Mac a décidé, pour la première fois de sa carrière, de ne jouer que ses succès, ou plutôt une partie des succès qu'il a nombreux. Hier soir, personne n'a trouvé à redire: ces chansons archiconnues étaient bien vivantes, les quatre Fleetwood Mac et leurs cinq musiciens et choristes les réinventant carrément sous nos yeux.

Avec un plaisir contagieux.