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Jean Leloup: le grand chef joue au dictateur

Deadwolf est mort, vive Leloup! Cinq ans après avoir brûlé sa guitare préférée et enterré son personnage de rockeur fantasque, Jean Leloup est officiellement revenu à la vie, hier, au Colisée de Québec. Son retour à la scène a sans doute été rendu possible grâce à un obscur rituel amérindien, car c'est sous les traits d'un grand chef que l'artiste, brièvement connu sous le nom de Jean Leclerc, a foulé les planches.

Visiblement bien au fait de l'allure de sa nouvelle enveloppe corporelle, Leloup avait prévu un décor dans le même esprit. Deux grands totems trônaient sur la scène du Colisée, aussi plantée d'arbres, ce qui lui donnait un air de campement amérindien dans la forêt boréale, où on a pu voir des danseurs amérindiens et... extraterrestres.

À lire sur le blogue de Patrick Lagacé

Méchant Leloup

Histoire d'ajouter un zeste d'ambiance à ce retour événementiel, le rockeur avait aussi demandé à ses fans de se déguiser soit en Amérindiens (logique), soit en reine d'Angleterre (moins logique). Seule une poignée des milliers de spectateurs ont choisi de jouer le jeu. On a par ailleurs constaté qu'une bonne partie des gens rassemblés au Colisée semblaient trop jeunes pour avoir déjà vu Leloup en spectacle.

Ils ne savaient donc sans doute pas que, cinq ans avant son premier décès, le grand chef avait déjà l'habitude des longues digressions. Il a amorcé son retour comme il avait tiré sa révérence, c'est-à-dire par un long jam. Sur des guitares groove, il a répété inlassablement «only the wolf can live under the water» devant une salle plutôt stupéfaite.

Trouvant la foule trop sage, Leloup a montré les crocs, s'est transformé en dictateur et a tout arrêté. «Arrêtez de hurler comme des défoncés, arrêtez de beugler comme des cons, sautez puis groovez!» a-t-il intimé à son public... encore plus stupéfait. Après l'avoir encore insulté, il a tout repris et obtenu à peu près ce qu'il voulait. Il a donc repris son jam du «wolf under the water», puis a enchaîné avec Edgar.

Il ne s'est pas contenté de la version officielle, gravée sur Le dôme. Il a offert une version étirée, groovée et pimentée par le guitariste Steve Hill. Ça n'a pas été sans accrochage, mais c'était parti pour de bon et le ton était donné: la soirée allait être chaotique. Leloup a une fois de plus senti le besoin de fouetter son public («attendez donc d'être vieux avant d'être plates!») avant d'entreprendre Les Fourmis.

Ce devait être le grand retour de Leloup. Personne ne s'attendait, bien sûr, à ce qu'il enfile ses tubes tels qu'ils sont sur ses disques et tire sa révérence en remerciant tout le monde avec un sourire ému. Ce n'est vraiment pas son genre. On ne s'attendait toutefois pas à ce qu'il fasse exactement le contraire. Durant la première heure, Leloup s'est montré sous son jour le plus désagréable, insultant copieusement son public, qu'il ne trouvait pas assez énergique. Il a même traité une fille de «niaiseuse» parce qu'elle le prenait en photo.

Il voulait que ça groove, soit. Ça ne l'a pas empêché d'ordonner à Steve Hill de cesser de jouer au début de Cookie alors qu'il balançait un riff à faire léviter un menhir. Leloup a donc mis une heure à comprendre que, s'il voulait que son show groove, il n'avait qu'à cesser de débiter des histoires sans queue ni tête et à jouer.

Ce qu'il a fini par faire, dans des versions assez percutantes  de Cookie (finalement), La Vallée des réputations, Le monde est à pleurer, Voyager ou L'antiquaire. Il n'a toutefois pas complètement perdu sa mauvaise habitude de gueuler contre ses fans et a par ailleurs massacré Alger – ce devait être une mise au point artistique que de l'interpréter sans suivre l'air et en disant le texte de manière frénétique.

Chanceux qu'il est, un seul spectateur lui a lancé sa bouteille d'eau. Car quand il se donne la peine de faire l'un de ses canons comme La vie est laide avec l'aplomb qu'ils demandent, tout le monde semble oublier ses désagréables coups de gueule. Au moment de mettre sous presse, Leloup venait de quitter la scène après avoir fait Sang d'encre. Sa cour l'acclamait. Cette fois, les cris ne l'ont pas rebuté, il est revenu. Et son band a de nouveau rugi: Johnny Go!




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