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Mort du poète Seamus Heaney, grand barde irlandais

Le poète irlandais Seamus Heaney, prix Nobel de... (Photo AP)

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Le poète irlandais Seamus Heaney, prix Nobel de littérature en 1995.

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Agence France-Presse
DUBLIN

Le poète irlandais Seamus Heaney, prix Nobel de littérature 1995, décédé vendredi à 74 ans, était considéré comme la plus grande voix de langue anglaise que l'Irlande ait abritée depuis Yeats, le chantre mystique de la renaissance celtique.

«La mort a emporté Seamus Heaney. Le poète et prix Nobel est mort ce matin (vendredi) dans un hôpital de Dublin, après une courte maladie», a annoncé sa famille.

Né en Irlande du Nord en 1939, l'année même de la mort de William Butler Yeats, autre Prix Nobel irlandais, Seamus Heaney était l'aîné d'une famille de paysans catholiques de huit enfants. Il publie son premier recueil de poèmes en 1966, Mort d'un naturaliste (Death of A Naturalist), comparant déjà l'écriture à la culture de la terre.

Heaney avait commencé à écrire en 1962 pour des magazines irlandais. Dans les années 60, il fréquente assidûment les cercles littéraires de Belfast, les écrivains Derek Mahon, Michael Longley et James Simmons, et anime une société de jeunes poètes locaux. En 1968, il participe à une tournée de poésie de deux semaines, la première du genre.

Marié et père de trois enfants, il s'installe avec sa famille à Dublin, où il travaille occasionnellement pour la radio-télévision irlandaise, la BBC et plusieurs journaux après de brillantes études à l'Université de Derry puis à celle de Belfast. Heaney est ensuite nommé maître de conférence à la Queen's University. Il sera ensuite titulaire de la chaire de poésie à la prestigieuse université d'Oxford, en Grande-Bretagne, de 1989 à 1994. Il donne des conférences dans le monde entier, notamment à Harvard, aux États-Unis.

«Revanche tribale»

Il publie en 1975 le recueil North, des impressions d'Irlande du Nord, considéré comme son chef-d'oeuvre. S'il n'a aucune affinité avec les activistes républicains irlandais, il avoue comprendre leur «passion de la revanche tribale».

Déchiré entre l'action et l'écriture, son sentiment de culpabilité transparaît dans certaines de ses oeuvres, notamment Field Work (1979), où il dédie une ode à son cousin Colum McCartney abattu par des protestants, Station Island (1984), où le fantôme de Colum vient crier vengeance, et The Haw Lanter (1987).

Influencé par le riche folklore irlandais et ses propres racines paysannes, il a écrit ses premiers vers dans un style dépouillé, naturaliste (la tourbe et la boue, les «sels de la terre», reviennent constamment) et accessible au profane avant d'évoluer vers un symbolisme du langage.

Reconnu comme l'un des plus grands poètes de langue anglaise et le plus irlandais des poètes irlandais, il a toujours été fasciné par le mystérieux, le caché, l'ambigu, les légendes des «bog people», les travailleurs pauvres des tourbières.

C'est quand il reçoit le prix Nobel de littérature en 1995 que son oeuvre poétique, jusque-là largement méconnue, est découverte dans le monde francophone. La douzaine de recueils que son oeuvre rassemble, recèle un lyrisme tourmenté et évocateur de sa déchirure entre cultures britannique et irlandaise.

Le Nobel lui avait été attribué par l'académie suédoise pour «la beauté lyrique et la profondeur éthique» de son oeuvre. Ce barde massif à la chevelure blanche en bataille avait amassé d'autres palmes littéraires, dont le prix Somerset Maugham (1968), le prix littéraire de la Fondation américano-irlandaise (1973) ou le prix WH Smith de 1975, récompense britannique.




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