Le rappeur montréalais Raccoon, sur son mini-album Le set up, annonce ses ambitions de faire du rap son gagne-pain, s’outillant de productions lentes et léchées ainsi que de sa prose infaillible aux rimes acérées.

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

Il a été choisi Révélation rap de Radio-Canada. On l’a vu passer dans plusieurs médias. Son plus récent album, Gentil pour un Noir, a été apprécié. Pourtant, Raccoon (anciennement Raccoon City) n’a pas encore atteint le statut qu’il vise. « Mon rappeur préféré fait des salles combles, je fais des salles vides », dit-il sur Rap Life. Il doit travailler et surveiller son budget, mais ce qu’il veut, c’est « vivre de [sa] rap life ».

IMAGE FOURNIE PAR RICO RICH PRODUCTIONS

Le set up, de Raccoon

On le lui souhaite. Et on a bon espoir que son vœu se réalise. Raccoon a le talent qu’il faut pour se rendre loin. Ce mini-album, bien ficelé et dont l’intelligent alliage des mots est la plus grande force, est une suite logique à la parution précédente du MC, mais se veut plus accessible. Il se lance encore plus qu’avant dans le mélange du rap et du chant. Pourquoi pas ? Les refrains accrochent, on tombe dans un rap plus perméable, mais du coup, un peu moins percutant.

L’album de huit chansons et deux interludes plaît aussi par l’originalité de sa forme, qui ouvre une porte sur le personnage derrière les chansons. Sur les deux extraits qui ne sont pas des chansons, on entend des conversations, le rappeur se confie. Il explique s’être rendu plus accessible, mais n’avoir jamais changé. « Le même son, une autre enveloppe. Le même contenu, mais un contenant différent », dit-il dans Pas de chant, je mens.

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L’artiste s’amuse avec l’auditeur. On se sent un peu moins concernés toutefois dans le deuxième interlude, Tue thé fait 7UP, longue de plus de trois minutes, qui est plutôt une inside joke.

Globalement, Le set up vaut l’écoute. Et on attend avec intérêt de voir ce que Raccoon fera ensuite.

★★★

Rap. Le set up, de Raccoon, Rico Rich Productions.