On attendait Bebel Gilberto au Festival international de jazz de Montréal à l’été 2019, mais elle a annulé sa visite à quelques jours de la mort de son père, la légende João Gilberto (sa mère, la chanteuse Miúcha, s’était éteinte quelques mois plus tôt). Elle devait venir en 2020, mais l’évènement n’a pas eu lieu pour les raisons que l’on sait.

Alexandre Vigneault Alexandre Vigneault
La Presse

La revoilà néanmoins avec Agora, son premier album en six ans. L’attente en aura valu la peine. L’artiste brésilienne, que beaucoup ont découverte au tournant des années 2000 avec des projets plus électros (comme son album Tanto Tempo, collaboration avec Thievery Corporation), conserve ici la délicatesse et la suavité qu’elle a toujours eues.

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Agora  maintenant » en portugais) est d’abord un disque d’ambiance qui repose sur des boucles mélodiques et rythmiques, offre une foisonnante palette de textures électronique, flirte un peu avec le jazz et se nourrit de différentes traditions brésiliennes. Un univers sophistiqué, développé avec le réalisateur américain Thomas Bartlett (Norah Jones, Sufjan Stevens, etc.).

IMAGE PIAS, VIA ASSOCIATED PRESS

Agora

Qu’elle mette l’orteil dans le funk à la brésilienne (Na Cara) ou qu’elle s’aventure dans le boléro cubain (Bolero, en espagnol), Bebel Gilberto séduit et touche d’abord grâce à son chant onctueux, même lorsqu’il est imparfait. Elle signe un album nocturne, juste assez aventureux pour garder l’oreille en éveil, mais où les explorations sonores et les arrangements n’oublient pas d’être généreux et accueillants.

★★★★

ELECTRO/BRÉSILIENNE. Agora. Bebel Gilberto. PIAS.