Dans toute l’offre des spectacles virtuels, Daniel Boucher est l’un des rares artistes à avoir tiré son épingle du jeu en travaillant de façon indépendante.

Émilie Côté Émilie Côté
La Presse

Il vend des billets à partir de son site web (boucaneendirect.com) et utilise la technologie Zoom.

Et il fait des spectacles à partir de sa maison de Mont-Louis, en Gaspésie.

Quand l’auteur-compositeur-interprète a vu sa saison estivale de spectacles et de festivals annulée, il a vite pensé à une solution « pour se revirer de bord ». « Je n’étais pas d’accord avec l’idée de me produire sur Facebook », explique-t-il.

En mai, Daniel Boucher a annoncé trois spectacles au coût de 15 $ chacun. Sinon, les gens pouvaient tout voir pour 35 $ (et même une supplémentaire). « Aucune toune ne revenait deux fois, précise Daniel Boucher. Et chaque soir, je prenais deux demandes spéciales. »

Au total, il a vendu près de 4000 billets. Et il ne cache pas que c’est une entrevue à l’émission Salut bonjour qui a fait décoller sa vente de billets. En plus de ses interventions sur sa page Facebook.

« C’est plus simple qu’on le pense, dit-il. J’ai un petit set-up de studio que la plupart des musiciens ont. Je voulais un seuil de qualité correct pour que l’émotion passe. »

« Je dirais que le plus important, c’est une bonne connexion internet. »

S’il mise sur une facture intimiste, Daniel Boucher a néanmoins fait l’essai d’une deuxième caméra.

Lui comme son public étaient en mode d’apprivoisement, souligne-t-il, et cela a ajouté au charme de son projet « cowboy ».

Les gens aussi avaient l’impression de vivre quelque chose de nouveau et d’être aux balbutiements de quelque chose. Ça a créé un contact et l’impression d’être ensemble à travers les écrans.

Daniel Boucher

Anthony Roussel s’est aussi produit sur boucaneendirect.com, le 8 juillet.

> Consultez le site boucaneendirect.com

« On pense à la suite, dit Daniel Boucher. On est en train de découvrir quelque chose de complémentaire. Le but n’est pas de remplacer les spectacles et les festivals. C’est une expérience différente. »

Daniel Boucher est étonné du lien qu’il peut créer avec les spectateurs malgré les écrans. Il a par ailleurs commencé à offrir de « p’tits coucous ». Des gens peuvent s’offrir une prestation privée.

« J’ai plusieurs idées », dit-il.

Comme Daniel Boucher, beaucoup croient que les spectacles virtuels se multiplieront même après la pandémie.

C’est ce qu’a dit Benoît Fredette, président d’enovLAB, qui développe l’application Yoop, exploitée par la boîte de Louis Morissette, Productions KOTV, avec un espace aménagé pour l’instant à la Place des Arts.

> (Re)lisez « Spectacles virtuels : Yoop voit grand »

On voit par ailleurs arriver de nouveaux acteurs. La boîte WhiteBox Entertainment a inauguré un studio dans un entrepôt de Chambly, où s’est produite jeudi dernier France D’Amour, en affirmant que la salle virtuelle était « là pour de bon ».