Pour nous, mélomanes, l’objectif de cet album est de ressentir une vision fantasmée du cosmopolitisme musical à travers le jazz et ses formes extrapolées. Dans ce MachiNations, des chants non occidentaux sont cités en ouverture et en fermeture de programme, balises au sein desquelles le saxophoniste Yannick Rieu fait évoluer ses musiques de souches hybrides et à instrumentation hybride.

Alain Brunet Alain Brunet
La Presse

La démarche, il faut le rappeler, existe dans le jazz depuis les années 60. Initiée à la fin des années par les Miles Davis, Wayne Shorter et autres Josef Zawinul, les lutheries électriques, électroniques et acoustiques se rencontrent, tant d’approches en découlent, très peu s’en démarquent très distinctement.

Sans proposer l’inédit, Rieu et ses collègues cherchent ici à intégrer les acquis harmoniques et polyrythmiques du jazz-fusion originel par une approche mélodique parfois proche de folklores et de traditions, parfois inscrite dans une démarche d’élévation post-fusion qui est propre à son leader.

IMAGE FOURNIE PAR YARIPRODUCTIONS

Réunis sur ce terrain connu par Yannick Rieu, qui avait amorcé le processus seul avec des machines et des notions relativement limitées en musique électronique (si on s’en tient aux compléments électros ici suggérés), ces musiciens montréalais excellent individuellement et collectivement : Samuel Joly, batterie, Jérôme Beaulieu, claviers, Rémi-Jean LeBlanc, basse et contrebasse, François Jalbert, guitares, François Lafontaine, claviers, Alexandre Lapointe, basse électrique, Erika Angell – qui chante sur Broadcast Fauré.

Tout ce beau monde s’applique à déjouer toutes MachiNations… menant à toute fermeture d’esprit.

★★★★

Jazz fusion, world jazz. MachiNations. Yannick Rieu. YariProductions.

Regardez une vidéo sur l’album : https://www.youtube.com/watch?v=tEnDHWTTkYw