Radio-Canada « déplore » que le Parti québécois (PQ) ait utilisé le titre de l'émission À la semaine prochaine, « ainsi que de son style humoristique et même d'une voix apparentée à celle de l'animateur, Philippe Laguë », dans l'une de ses publicités partisanes. La société d'État évalue actuellement ses recours.

Mis à jour le 4 sept. 2018
HUGO PILON-LAROSE LA PRESSE

« Radio-Canada considère que ce rapprochement, qui n'échappera à aucun auditeur familier de l'émission À la semaine prochaine, est doublement regrettable. Cette publicité contrevient non seulement aux droits d'auteur de Radio-Canada sur le titre, le style et le contenu de l'émission, mais peut aussi causer un préjudice important au diffuseur public en période de campagne électorale, alors que la moindre apparence de connivence avec un parti en lice peut remettre en question la crédibilité et l'impartialité de notre couverture », a écrit mardi le diffuseur public par voie de communiqué.

Dans la publicité du PQ, qui reprend le thème de la « blague de péquiste », un homme à la voix nasillarde demande : « Heille, un résident de CHSLD, qu'est-ce qui dit après son bain ? À la semaine prochaine ! »

Une réaction « farfelue », dit Lisée 

En mêlée de presse mardi après-midi, Jean-François Lisée a tourné au ridicule les récriminations de Radio-Canada.

« J'ai l'impression que c'est un ''stunt'' pour donner de la publicité à l'excellente émission À la semaine prochaine. Ils sont ingénieux, à Radio-Canada, a ironisé le chef péquiste. On est propriétaire commun [avec] toute la francophonie des mots "à la semaine prochaine". On les utilisera et on ne demandera pas la permission à un lutteur ou à un humoriste d'utiliser cette phrase-là », a-t-il poursuivi.

En matinée, mardi, Le Devoir rapportait que l'animateur d'À la semaine prochaine, Philippe Laguë, était en colère contre le PQ. La formation politique a diffusé en matinée une nouvelle publicité sur les ondes du 98,5 FM.

« [L'émission] À la semaine prochaine n'a rien à voir là-dedans, et je n'ai jamais été consulté. [...] C'est sûr que je n'aime pas ça, parce qu'il est possible que des gens pensent que je suis impliqué dans ce genre de campagne. Jamais je ne ferais un truc semblable, surtout pas en campagne électorale, voyons », a déclaré M. Laguë au quotidien.

Dans son communiqué, la direction de Radio-Canada indique qu'elle « étudie les mesures à prendre dans les circonstances et n'émettra aucun autre commentaire sur le sujet pour l'instant. »

« C'est tellement farfelu que Radio-Canada affirme qu'elle est la propriétaire mondiale de mots de la langue française que je continue à penser que c'est un ''stunt'' de relation publique de sa part », a conclu le chef péquiste.