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Un média à son nom

Isabelle Racicot, Mitsou Gélinas et Virginie Coossa font partie... (Photo Ivanoh Demers, La Presse)

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Isabelle Racicot, Mitsou Gélinas et Virginie Coossa font partie des personnalités québécoises qui ont créé leur propre marque sur le web.

Photo Ivanoh Demers, La Presse

Avant même d'arrêter d'écrire pour Clin d'oeil, où elle a été rédactrice en chef et directrice de marque, Mitsou Gélinas a créé son propre blogue pour poursuivre l'échange avec son public. C'était en 2000, à l'époque où peu de personnalités osaient même imaginer créer leur propre marque. Depuis, plusieurs vedettes québécoises empruntent cette avenue, dont Jacynthe René, Maripier Morin, Isabelle Racicot et Virginie Coossa. La Presse a voulu en savoir plus sur cette tendance.

Il y a quelques jours, Mitsou.com est devenu Mitsou Magazine. Il s'agit d'un véritable média, à l'image des valeurs de l'animatrice et où les lecteurs peuvent explorer leurs préférences en matière de mode, d'art de vivre, de psychologie, de santé, etc.

«Si je pouvais, dans mes rêves les plus fous, j'aurais cent employés et huit magazines. Ce ne sera pas le cas, mais c'est pour vous dire à quel point j'aime vraiment, vraiment ça», a expliqué l'animatrice de Rythme FM.

Isabelle Racicot est fondatrice de Picoum, une boutique en ligne doublée d'un blogue. Elle y décrit ses découvertes, fait des suggestions et y vend aussi de nombreux vêtements et accessoires, dont des chandails qu'elle conçoit (celui qu'elle porte sur la photo est une de ses créations).

«C'est une extension de ce que je fais dans le métier depuis 15 ans, c'est-à-dire partager», a dit l'animatrice de La belle gang à Canal Vie.

Virginie Coossa a créé V comme Coossa, qui comprend un blogue et une boutique en ligne, où elle met en lumière le travail d'artisans québécois. Elle collabore même avec certains d'entre eux pour créer des objets, accessoires et vêtements.

«Ça faisait longtemps que je voulais me lancer en affaires. J'avais eu des propositions pour m'associer à un restaurant ou à un bar, mais j'aurais mis de l'argent pour mettre de l'argent. Si j'allais mettre une poche de mes économies, j'avais envie que ce soit pour un projet auquel je croyais et qui me passionnait», a expliqué l'animatrice, qui a son blogue depuis maintenant un an.

Maripier Morin a son site Maripiermorin.com où, avec l'aide d'une équipe, elle parle des tendances de mode et de style de vie. Elle y met également des vidéos, dont quelques-unes de son mariage. «J'ai créé mon média», dit-elle.

«En novembre dernier, j'ai ouvert mon site pour me donner une autonomie, une liberté d'expression. J'avais envie de développer des projets et du contenu sans avoir quelqu'un en haut de moi qui me dise quoi faire», a précisé l'animatrice de Face au mur à TVA.

Depuis cinq ans, Jacynthe René a aussi son magazine web Maison Jacynthe. «J'ai été connue du public et ensuite, j'ai été has been... Lorsque j'ai lancé mon magazine, je n'étais pas sous les lumières et je ne cherchais pas à l'être. Je voulais seulement partager des recettes et des inspirations que je ne voyais nulle part», indique-t-elle.

Le prix de la liberté

Oui, de plus en plus de personnes créent leur marque. Le concept consiste généralement à promouvoir leur «style» personnel, une déclinaison de leur personnalité, leurs préférences, leurs coups de coeur.

Vue de l'extérieur, l'idée de développer un média à son image peut sembler indûment narcissique. Les femmes à qui nous avons parlé sont les premières à le reconnaître et à en rire. Sauf qu'en discutant avec elles, nous percevons que leur motivation première est surtout de communiquer sans contrainte.

«Au fil du temps, à Clin d'oeil, les gens m'avaient vue évoluer et avaient lu sur la naissance de mes enfants, la perte d'un enfant, mon mariage... Les gens m'écrivaient pour me confier leurs histoires et nous échangions. Cette connexion-là, par l'écriture, est si différente de celle que j'avais ailleurs. Et pour moi, il n'y a rien qui bat ça», confie Mitsou.

Virginie Coossa renchérit: «À un moment, tu as envie d'écrire ce que tu as envie d'écrire. J'étais pigiste et je soumettais des idées qui ne passaient pas à la direction, mais je voulais en parler pareil! Je voulais avoir la liberté de parler de ce que je veux.»

Cette liberté a un prix. Dans les premiers temps, il faut souvent travailler en solitaire et pour un auditoire restreint. À les écouter parler, ce n'est pas non plus ce genre de projet qui permet de s'enrichir. Bien au contraire.

«Ça coûte des sous, créer son site! Tu ne peux pas arriver en ligne et penser que ça ne va rien te coûter, dit Isabelle Racicot. Et c'est beaucoup plus de travail que je le pensais. J'avais notamment sous-estimé le service à la clientèle», avance celle qui doit notamment assurer l'expédition d'une partie des commandes de sa boutique en ligne.

«Ça coûte cher! renchérit Mitsou Gélinas. Je suis directrice d'un magazine où je travaille sept jours par semaine et où je ne suis pas payée! La vérité, c'est ça! Et quand je fais des collaborations avec des annonceurs, je remets l'argent dans mon site. Je suis folle! Je fais ça parce que je suis folle!»

En plus de son magazine web, Jacynthe René a un magazine papier et une émission web: «En ce moment, tu ne fais pas un magazine papier pour faire des sous. Tout le monde sait ça! Même chose pour l'émission web: nous n'avons qu'un seul annonceur et c'est pour payer les deux caméramans», affirme l'auteure de Vive la détox gourmande, La beauté et Respirer le bonheur.

Elle ne cache pas cependant que Maison Jacynthe est devenu bien rentable avec le temps, entre autres grâce à la boutique en ligne où des centaines d'articles sont en vente. Son entreprise emploie d'ailleurs une trentaine de personnes à temps plein.

«Ç'a explosé, mais pas en une seconde. Pendant un an et demi, j'étais seule derrière mon ordi. Lorsque j'ai commencé, j'avais 74 membres. Je m'en souviens, parce que je trouvais ça vraiment décourageant», raconte Jacynthe René, qui ajoute qu'à l'époque, elle prenait elle-même les photos de ses recettes avec son iPhone. «On s'entend qu'il faut vraiment y croire à son projet à ce moment-là!», souligne-t-elle.

La publicité permet aussi d'augmenter ses revenus. Un annonceur peut payer pour que son produit soit analysé ou mentionné dans un article. Une tendance forte chez les blogueurs.

Virginie Coossa emprunte cette voie. «Si ça m'a coûté 25 000 $ pour partir mon site et que je peux faire 20 000 $ avec des articles payants, tout en restant authentique dans mon choix des annonceurs, je vais pouvoir le rentabiliser. Je refuserais de parler de serviettes hygiéniques, mais je pourrais y parler de produits locaux.»

Mitsou Magazine prend de l'expansion

«À un moment, je veux devenir un site rentable!», indique Mitsou en souriant.

Il y a maintenant une trentaine de collaborateurs qui travaillent pour Mitsou Magazine, et ça continue de prendre de l'ampleur. Dans quelques semaines, une partie de ses textes se retrouveront sur le site de Rythme FM.

«Je deviens un fournisseur de contenu. Je vais leur fournir 300 textes par année, qui se trouvent déjà sur mon site. Je vais faire ça avec Rythme FM (Cogeco) comme je pourrais le faire avec d'autres médias dans le futur», dit-elle.

Elle compte également ouvrir une boutique en ligne, en se procurant Etail 21, une technologie mise au point par l'équipe d'Isabelle Racicot, qui permet à des influenceurs et des entreprises d'avoir un magasin en ligne.

Un média à son nom demande temps et efforts. Toutefois, personne n'est dupe, ça permet à celles qui en ont un d'augmenter le nombre de leurs abonnés sur les réseaux sociaux, d'attirer les regards et de s'offrir une visibilité. Des avantages qu'aiment particulièrement des producteurs et diffuseurs. «C'est plate à dire, mais oui, ça fait partie du pouvoir d'attraction d'une personnalité maintenant. Mais je ne le conseille pas à tout le monde... Je le répète: c'est vraiment cher et c'est beaucoup de temps», conclut Mitsou Gélinas.




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