Le Conseil de presse du Québec a rendu cette semaine trois décisions relativement à des plaintes contre le chroniqueur Patrick Lagacé, le journaliste Jean-Christophe Laurence, ainsi que les vidéo-journalistes Denis Wong et Sébastien Pedraglio, de La Presse.

Mis à jour le 13 déc. 2013
LA PRESSE

La première plainte concernait la chronique «La génuflexion de Céline Galipeau» de M. Lagacé. Le plaignant reprochait au chroniqueur de La Presse de ne pas avoir été rigoureux en citant les manoeuvres alléguées du cardinal Marc Ouellet pour écarter en coulisse un cardinal écossais accusé d'inconduite sexuelle et le fait que le frère de M. Ouellet ait été reconnu coupable d'actes de pédophilie.

Le Conseil de presse a rejeté à la majorité la plainte formulée contre Patrick Lagacé, rappelant que les chroniqueurs jouissaient d'une certaine latitude pour exprimer leurs points de vue. Les membres du comité des plaintes affirment aussi qu'il était d'intérêt public de questionner le cardinal Ouellet sur des sujets personnels, puisque celui-ci était pressenti à l'époque comme un possible successeur du pape Benoît XVI.

La deuxième plainte, concernant les vidéo-journalistes Denis Wong et Sébastien Pedraglio, a été formulée par Guillaume Girard, qui a participé le 20 mai 2013 à une marche pour soutenir les sans-papiers. Selon M. Girard, les journalistes ont tort d'affirmer que les organisateurs de la manifestation ont remis leur itinéraire au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Or, MM. Wong et Pedraglio n'affirment jamais cela dans leur topo. Ils mentionnent plutôt que ce sont «les marcheurs», et non les organisateurs, qui ont donné leur itinéraire, ce qui a été confirmé par la suite par le SPVM. La plainte a donc été rejetée par le Conseil de presse.

Finalement, le journaliste culturel Jean-Christophe Laurence a pour sa part été blâmé pour avoir écrit dans sa critique de The Gatekeepers que le film «arrive sur [les] écrans alors qu'un détenu palestinien meurt sous la torture israélienne».

Le plaignant, David Ouellette, directeur associé aux affaires publiques du Centre consultatif des relations juives et israéliennes, critiquait le fait que M. Laurence ait fait ce parallèle alors que d'autres informations contradictoires concernant ce détenu étaient publiées. De plus, M. Ouellette reproche à La Presse de ne pas avoir publié de correctif dans le journal, ayant seulement supprimé la phrase contestée dans le texte publié en ligne.

Le Conseil de presse a jugé que La Presse avait commis une erreur en présentant cette information comme un fait et reproche au journal l'absence de rectificatif.