Natalie Nougayrède, journaliste diplomatique au quotidien Le Monde, pourrait devenir bientôt la première femme à diriger ce journal français de référence, après avoir été choisie cette semaine par les actionnaires du journal, une décision qui doit être confirmée par la rédaction.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Cette journaliste expérimentée de 46 ans, ex-correspondante à Moscou et spécialiste de l'ex-URSS, lauréate du prestigieux prix Albert-Londres, est au quotidien du soir depuis 1996.

Elle dispose maintenant de deux semaines pour convaincre la rédaction de la justesse du choix des actionnaires et décrocher son aval lors d'un vote prévu le 1er mars de la Société des rédacteurs du Monde (SRM). Pour que sa désignation comme directrice du quotidien soit entérinée, elle doit recueillir 60% de suffrages favorables de la rédaction.

MM. Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, le trio d'hommes d'affaires actionnaires majoritaires du groupe, l'ont préférée mercredi à trois autres candidats en lice, Alain Faujas, Arnaud Leparmentier et Franck Nouchi, tous membres de la rédaction.

Appréciée en interne comme en externe pour son professionnalisme, la journaliste deviendrait la première femme à diriger le quotidien lancé en 1944 par Hubert Beuve-Méry. Elle a une réputation d'«indépendante», assure une consoeur.

Sa nomination n'est cependant pas encore acquise car certains lui reprochent une carrière uniquement tournée vers l'international, un manque d'expérience dans les fonctions de direction ou encore une connaissance peu développée de la rédaction internet du journal.

Le précédent directeur du Monde, Erik Izraelewicz, désigné en février 2011, est décédé en décembre d'une crise cardiaque dans son bureau.

Diplômée de l'Institut d'études politiques de Strasbourg (est) en 1988 et du Centre de formation des journalistes à Paris, Natalie Nougayrède a commencé sa carrière au service Étranger de Libération en 1990, travaillant aussi pour la BBC. Elle a rejoint Le Monde en 1996, pour lequel elle a couvert dans les années 1990 les transitions en Europe centrale et dans l'ex-URSS.

Correspondante permanente à Moscou de 2001 à 2005, elle a reçu le prix Albert-Londres pour sa couverture de la prise d'otages meurtrière dans l'école de Beslan, en Ossétie du Nord en septembre 2004.