Rémy Girard est un homme de passion. Allumé, enjoué, envoûté par ses sujets, il en parle sans se lasser. Ça tombe bien, car il en parlera durant 40 heures dans une nouvelle émission sur Espace Musique, à la radio de Radio-Canada.

André Duchesne LA PRESSE

Rémy Girard aime passionnément le cinéma, la musique, la radio. Il amasse les vieux postes de radio et en fait même la restauration dans son atelier. Il collectionne autant les films que les disques. Et les livres aussi.

Que Radio-Canada lui confie une émission de deux heures, intitulée Tout un cinéma, pour sa chaîne Espace Musique, constitue une suite logique, un heureux prolongement, à ces dévorantes passions.

Tout un cinéma portera sur la musique de film, un sujet inépuisable pour le nouvel animateur qui, durant près de deux heures d'entrevue, assurera qu'il y aura de tout pour tous dans cette émission.

«Nous présenterons de la musique de films québécois, américains, italiens, suédois, dit-il. Et nous explorerons les genres. La musique de films d'amour, de danse, des classiques, de la bande dessinée, de western, d'horreur.»

Ah! Les films d'horreur. Rémy Girard s'emporte de nouveau lorsqu'il aborde le sujet. «S'il y a un endroit où la musique devient très importante, c'est dans ce genre-là, lance-t-il. Et le plus bel exemple est la scène de la douche dans Psycho. Enlevez la musique (il imite les cris stridents) et ce n'est plus du tout la même scène.»

Et le voilà relatant l'importance d'instruments aussi pointus que les Ondes Martenot et le thérémine, boîtier électronique à deux antennes qui émet de la musique sans qu'on lui touche, dans l'élaboration de musiques de film d'horreur.

40 émissions

L'an dernier, durant le temps des Fêtes, Rémy Girard a fait une première émission de quatre heures, à la radio de Radio-Canada, sur les musiques de film. Il en a refait une deuxième le dimanche 13 mars, juste avant le gala des Prix Jutra.

«C'était en direct. Je crois qu'on a voulu me tester, dit-il en s'esclaffant. Par la suite, on m'a fait la proposition de monter une émission.»

La commande est importante: 40 émissions de deux heures. «Et les pièces sont courtes, deux ou trois minutes, pas plus, souligne l'animateur. Nous en avons une trentaine à retenir par émission, ce qui fait 1200 en tout. Jusqu'à maintenant, nous en avons choisi 950.»

«Nous», c'est la réalisatrice Julia Langlois et lui. L'équipe s'arrête là. Ils font tout, de la recherche des extraits à la composition des textes en passant par le montage. Rémy Girard est plutôt heureux du fait que son automne s'annonce tranquille. À compter d'octobre, il travaillera sur la pièce Le dindon de Feydeau dans laquelle il jouera en janvier au TNM. Autrement, il peut s'investir totalement dans cette émission.

«Je ne suis pas un expert, laisse tomber le comédien-animateur. Mais je ne veux pas non plus me limiter à faire des enchaînements entre les pièces, à simplement introduire le prochain titre. Je veux entrer dans les détails, mettre en contexte, amener les gens à se replonger dans l'atmosphère des films.»

Diffusée dimanche dernier, la première émission présentait des pièces aussi différentes que Mrs. Robinson de Simon&Garfunkel (The Graduate), Le temps est bon de Stéphane Venne (Les mâles), Je veux savoir de Phil Collins (Tarzan), Footloose de Kenny Loggins, Sea, Sex and Sun de Serge Gainsbourg (Les bronzés) ou encore les pièces thèmes de John Williams dans les films Star Wars de George Lucas et de Nino Rota dans La dolce vita de Fellini.

«La musique de film n'est pas faite pour être écoutée, explique M. Girard. Elle accompagne une image, une émotion. C'est vrai à ce point que, lorsque le cinéma muet a commencé, on s'est vite rendu compte qu'il manquait un élément. Et c'est de là que des pianistes ont commencé à jouer pour accompagner ces films. Ils leur donnaient des émotions.»

L'émission Tout un cinéma est présentée les dimanches de 17h à 19h sur les ondes d'Espace Musique, 100,7 sur la bande FM.