Elle a écrit pour Marie-Pierre Arthur et David Usher. Pour son troisième album, Télescope, Gaële s'est entourée de rockeurs, dont Pierre Fortin et Olivier Langevin de Galaxie. Pour transposer ses nouvelles chansons sur la scène du Club Soda, ce soir, elle a demandé au chorégraphe Pierre-Paul Savoie de signer la mise en scène du spectacle.

Émilie Côté LA PRESSE

À travers les chansons de son nouvel album Télescope, Gaële agit telle une meilleure amie sage qui donne de précieux conseils de vie. L'auteure-compositrice-interprète fait l'éloge du laisser-aller et du bonheur de l'amour, malgré la soif d'ambition, la perte d'un proche ou la jeunesse qui ne revient pas.

«Je me chante aussi ces conseils à moi-même!», lance la chanteuse d'origine française en riant.

Gaële est une observatrice du quotidien. «Je suis impressionniste. J'aime regarder les gens vivre», dit-elle.

Enracinée profondément ici, nouvellement trentenaire, Gaële ressent de la «sérénité». «Je voulais que le projet et les chansons soient ce que je ressens et cela a donné une écriture beaucoup plus directe, intime et féminine», dit-elle.

Sur la pièce Attends pas, écrite par Yann Perreau et mise en musique par Jipé Dalpé, Gaële emploie le mot franglais spinner. «J'étais ravie de la touche québécoise dans l'écriture», souligne-t-elle.

À la première écoute de Télescope, difficile de deviner que Gaële s'est entourée de musiciens musclés comme Antoine Gratton, Alex McMahon (Plaster), Olivier Langevin et Pierre Fortin, qui signe la réalisation de l'album... Quoique le batteur a sorti un album solo qui tranchait avec le rock sale de Galaxie, Gros Méné et des Dales Hawerchuk. En entrevue avec La Presse, il y a un an, Fortin avait dit s'être inspiré du travail de Beck sur l'album Sea Change.

Cette direction n'est pas loin de Télescope, qui rappelle la collaboration de Beck avec Charlotte Gainsbourg. «Pierre est batteur et c'était important pour moi d'avoir le percussif, explique Gaële. On avait les mêmes références, alors qu'on a des esthétiques complètement différentes... J'avais aussi quelque chose de très cinématographique en tête.»

Gaële louange l'approche «instinctive» et «organique» de Fortin. «Quand il joue du drum, il danse», dit-elle.

Gaële ne craint manifestement pas les têtes fortes musicales. Langevin, Gratton, Perreau... «Ils sont tous réalisateurs, ces gens-là. Ils ont une couleur et je les ai laissés libres.»

Gaële, la compositrice

Au cours des dernières années, Gaële a épaulé Marie-Pierre Arthur, David Usher et Jipé Dalpé à l'écriture. La composition lui manquait. «L'auteure était flattée dans le sens du poil, mais la compositrice s'est sentie lésée, dit-elle. Je voulais me laisser aller dans les mélodies, la composition et l'instrumental.»

Pour son spectacle au Club Soda, ce soir, elle voulait «une mise en scène qui regroupe tous les sens», à l'image du spectacle de Danse Lhasa Danse, orchestré par le chorégraphe Pierre-Paul Savoie. «Après l'avoir vu, j'ai cherché son numéro, je l'ai appelé. Il a écouté les chansons. Il a dit oui tout de suite.»

Le résultat est «sobre, intime et puissant», promet Gaële. «On a filmé un danseur, tourné beaucoup dehors, et filmé des objets qui se cassent et se reconstruisent. Avec le titre de l'album Télescope, je voulais traduire le sentiment paradoxal de me sentir toute petite dans l'infiniment grand, mais aussi de vivre des choses plus grosses que nature. Avec les gens que t'aimes, tu es seule au monde.»

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Gaële, en spectacle, ce soir, au Club Soda.