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Dany Placard, sors de ce corps!

Plywood 3/4, c'était il y a dix ans. Des menuisiers férus de zizique, de  ... (Photo: Olivier Jean, La Presse)

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Photo: Olivier Jean, La Presse

Plywood 3/4, c'était il y a dix ans. Des menuisiers férus de zizique, de surcroît fans finis de Tom Waits, proposaient un country-folk-rock à haute teneur expérimentale. Aussi réjouissant qu'hallucinant, deux albums furent lancés, joués devant public, très bien accueillis et... remisés à l'atelier.

«Éric Villeneuve, avec qui j'inventais des instruments et créais les chansons de Plywood, a ensuite fait dans la réalisation d'albums, notamment les deux de Bernard Adamus. Récemment, il a recommencé à travailler en fibre optique. Il a eu trois enfants ben collés...», explique Dany Gauthier.

Il est aussi père de famille. Installé dans la Petite-Patrie, il coule des jours heureux avec femme et enfants. Bague au doigt, il vient de marier Sarah qu'il fréquente depuis une décennie. Dit ne pratiquement jamais se rendre au centre-ville. Dit se promener en vélo ou à pied, dans les quartiers avoisinants. Rêve parfois de s'isoler dans le bois et faire ses «affaires». Reconnaît néanmoins traverser une très belle période de son existence.

Dany Gauthier vient de Laterrière, ses parents et son frère vivent toujours au Saguenay. Metalhead à l'adolescence, il a fait des études de musique au cégep d'Alma (guitare et chant classique), s'est inscrit à l'UQAM il y a 15 ans, afin d'y perfectionner une technique de baryton léger pour finalement décrocher, faire ses «tounes». Et devenir Dany Placard.

Il cultive fièrement l'accent prononcé de bleuet. Ça s'entend, ça se lit: «Je parle de même, c'est comme ça que je m'exprime. C'est une manière d'écrire, je ne pourrais pas faire autrement, ça ne coulerait pas. Je ne pourrais pas écrire pour d'autres, d'ailleurs. Une couleur, une signature...»

L'expression artistique n'est pas une stratégie de marché, Dany Placard n'a aucune velléité expansionniste: «Si je veux rester local? Je ne fais pas ces chansons pour les jouer en France. Je les fais pour moi. L'écriture et la composition, c'est un trip égocentrique. Je fais ce trip pour moi et mes chums. Après ça tu pitches ça dans le public, tu sais pas ce qui va arriver. En tout cas  je gagne ma vie avec Placard, pour la première fois. Avant, c'était la réalisation et plein d'autres affaires. Il y en a encore, remarque: j'ai travaillé récemment avec Louis-Philippe Gingras, un gars de Rouyn qui a gagné des prix à Petite-Vallée. J'ai aussi composé la musique d'un film réalisé par Dominique Leclerc, Alex Marche à l'amour...»

Interprétées en joual signifiant, les chansons de Dany Placard sont assemblées selon les règles de l'esthétique americana. Et pourquoi sont-elles moins exploratoires qu'à l'époque de Plywood 3/4?

«C'est ben simple, répond-il, j'ai eu une époque Tom Waits et puis une époque Neil Young/Bob Dylan. Un peu de Calexico aussi, quoiqu'il y avait de ça dans Plywood. Quand Plywood a été fini, j'ai voulu me prouver que je pouvais faire un album seul, sans Éric Villeneuve. Avant quoi j'arrivais chez lui avec mes textes et on bizounait ensemble nos instruments. On était l'extrême de l'expérimentation. Il fallait donc une cassure mais... je ne dis pas que je n'ai pas envie d'y retourner.»

Ainsi donc, folk, blues, country et rock constituent la charpente du bâtiment.

«Dans les années 60, et 70, Neil Young et Bob Dylan enregistraient comme s'ils se produisaient en spectacle, misaient sur l'intensité du moment et admettaient les erreurs, les fausses notes. Neil Young le fait encore aujourd'hui... Et c'est  un peu aller à contre-courant que d'enregistrer live, faire un album en quelques jours.»

L'évolution de la facture?

«Par rapport à mes débuts, c'est un peu du pareil au même mais... Les images, le choix des mots, c'est peut-être plus précis. Mon style s'est aussi précisé, et je ne pense pas que je suis encore à mon top. Musicalement, je me suis aussi amélioré au cours des dernières années, j'ai appris. Et le fais parce que j'ai envie de le faire. »

À la fin de l'été 2012, Démon vert, son quatrième opus solo (ce qui ne compte pas deux albums sous la bannière Plywood 3/4, un sous le pseudo Placard et deux autres en duo) a été lancé sous étiquette Simone Records.

«Je ne l'avais pas fait comme ça auparavant, cet album-là parle de moi, mes rapport avec mes proches. Ma mère, mes enfants, ma blonde à qui je n'avais jamais écrit de toune. J'étais dû! Je suis assez à l'aise avec ça. C'est de l'amour, je les aime! Ça va ben, je suis sans une bonne passe, mais j'ai certaines frustrations par rapport à plein d'affaires... On se fait mentir à tour de bras. Partout! L'industrie de la musique, les gouvernements, l'environnement... Je ne ferais pas un album militant comme l'a fait Rage Against the Machine mais... il y a aura de petites craques dans les chansons à venir...»

On peut envisager sortir le chanteur engagé du placard mais, peine perdue, on ne peut sortir le Placard du chanteur...

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Dans le cadre de Montréal en lumière, Dany Placard se produit ce jeudi, 20h, à L'Astral.




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