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RBO - The Tounes: pourquoi chanter?

Bruno Landry, Guy A. Lepage, André Ducharme et... (Photo: David Boily, La Presse)

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Bruno Landry, Guy A. Lepage, André Ducharme et Yves Pelletier s'apprêtent à chanter leurs «tounes» sur scène pour la première fois depuis 1990.

Photo: David Boily, La Presse

La musique est dans l'ADN de Rock et Belles Oreilles (RBO). C'était déjà dans le nom du groupe, lorsqu'il a commencé au début des années 80 par une émission de radio qui devait être «sérieuse» au départ...

«Mais on s'est rapidement mutiné, se souvient André Ducharme. C'est le côté comique des «belles oreilles» qui a gagné. On se retrouvait dans le local de la faculté de communications; on chantait des tounes ensemble, avec d'autres gens. C'est notre premier contact créatif. Guy adorait chanter, malheureusement pour nous! Ça devait toujours finir en chansons.»

Les parodies comme les chansons originales de RBO sont devenues des vers d'oreille tenaces pour plusieurs générations de mélomanes. Cette persistance tient en une raison: la qualité de la musique de RBO, qui a su s'entourer d'excellents musiciens, comme Patrick Bourgeois, Gaétan Essiambre, Jocelyn Therrien et de nombreux autres.

«On a fait l'album Pourquoi chanter? qui est, à mon avis, un vrai album de musique, renchérit André Ducharme. À l'époque, la chanson comique était souvent musicalement ordinaire. On appelait ça du «pouet pouet». Les gens faisaient des tounes comiques et ils pensaient que la musique devait être comique, alors que ce n'est pas du tout nécessaire. Même qu'à mon avis, plus la musique est bonne, plus c'est le fun

Dans la conscience collective

La preuve est qu'il suffit d'entendre quelques accords d'une chanson de RBO pour que tout le monde se mette à la chanter, voire à la danser. En fait, utiliser le répertoire de RBO est toujours une excellente façon de faire lever un party, ce qui, bien sûr, leur fait plaisir.

«C'est un peu débile, dans le bon sens du terme, confie André Ducharme. Je le vois avec mes enfants. Leurs amis connaissent nos chansons. Il y a toujours un moment où un de leurs amis se dégêne et vient me parler de ça. Ce que je trouve encore plus flyé, ce sont les sketchs, parce que souvent, ils n'ont pas connu l'original de ce que l'on a parodié!»

«Moi, je trouve ça ben cool, dit Guy A. Lepage. J'aime aussi savoir qu'on a donné le goût de faire de la musique à certains groupes, comme Les Trois Accords ou Loco Locass. Je me souviens, quand j'ai animé mon premier gala de l'ADISQ, RBO avait chanté un medley et tout le parterre s'était levé. Ils connaissaient nos tounes par coeur. Ça m'avait beaucoup marqué.»

Voilà qui donne une petite idée de l'ambiance qu'on risque d'avoir le 23 juillet sur la place des Festivals. D'ailleurs, il est étonnant que la chose ne soit pas arrivée avant - pas depuis leur tournée Bêtes de scène en 1990, en fait. Et c'est tout simplement parce que, selon Guy A. Lepage, personne n'a fait de proposition!

«Ça aurait pu être un projet privé, dans le cadre d'une émission spéciale ou des FrancoFolies... Quand on nous l'a offert, on s'est réuni et on n'était pas capable de trouver une seule bonne raison de dire non.»

La formule d'un spectacle musical était probablement la seule qui pouvait réellement séduire tout le groupe. «Nous avons un répertoire musical qui permet de faire un tour de chant, note André Ducharme. Il n'y a pas beaucoup d'humoristes qui peuvent faire cela. On a sauté là-dessus parce que c'est quelque chose qu'on veut faire depuis longtemps. Et nous avons beaucoup fouillé; nous ne nous sommes pas contentés de nos chansons les plus évidentes. Nous avons sorti des chansons oubliées ou que les gens ne connaissent même pas. Il y aura des surprises...»

Cinq histoires de hits

1- Ça rend rap

Guy A. Lepage: «À CIBL, on écoutait les premiers disques rap qui arrivaient et on les faisait jouer. Pour nous, c'était normal de faire du rap; nous n'étions pas dépaysés. Cette chanson est devenue numéro un à CKOI, on était crampé... Les paroles, c'est un peu n'importe quoi, mais ça marche. Il paraît que c'est cette chanson qui a donné le goût aux gars de Loco Locass de faire du rap.»

André Ducharme: «Nous étions assez allumés musicalement. On découvrait le phénomène rap comme tout le monde. C'est niaiseux, mais la raison principale pour laquelle on a fait cette chanson, c'est que c'était une bonne façon d'incorporer tout le monde. C'est une chanson de présentation du groupe dans laquelle chacun a son bout.»

2- Bonjour la police

Guy A. Lepage: «C'était inspiré de notre sketch très populaire d'une série en direct d'un Dunkin Donuts. On en a fait une vidéo qui a été jugée tellement heavy par MusiquePlus qu'ils l'ont censurée. Trop violent, paraît-il. Je ne sais pas qui a pris cette décision, mais c'était vraiment stupide.»

André Ducharme: «Le sketch marchait tellement. C'est un peu comme lorsque notre gérant nous achalait pour faire une chanson de Noël: il fallait faire une chanson de Bonjour la police. C'est un autre bon exemple de chanson où tout le monde avait quelque chose à faire. Des policiers nous ont dit qu'ils préféraient se faire crier ça que ce qu'on leur criait avant... En 2012, pendant la crise étudiante, des manifestants chantaient cette toune-là, et ça m'a fait rire. Et la police fesse exactement comme dans la vidéo, mais c'est une autre affaire...»

3- I Want to Pogne

Guy A. Lepage: «À l'époque, il y avait une tendance qui disait que le Québec était trop petit et qu'il fallait réussir internationalement. Il y avait The Box, Men Without Hats, Céline Dion... Mon opinion a évolué là-dessus; je suis moins straight. Mais ça nous faisait rire et la chanson parlait de ça. La chanson comme telle est tellement accrocheuse; ç'a été un hit surtout pour la musique.»

André Ducharme: «C'est une chanson qui n'a plus sa raison d'être; on ne pourrait plus la créer aujourd'hui. Le contexte de l'époque, c'est que beaucoup d'artistes québécois commençaient à s'exporter. Beaucoup de gens associent cette chanson à Céline Dion, mais on ne la visait pas directement, on pensait plus à The Box. Bref, c'était très mal vu à l'époque, il y a même eu un gala de l'ADISQ là-dessus... C'est ce que la chanson reflète.»

4- Arrête de boire

Guy A. Lepage: «C'était carrément des histoires de bars. En fait, «arrête de boire» était une expression de RBO quand on voulait faire une espèce de leçon de sobriété à quelqu'un. Après, on a décidé d'en faire une chanson sur les gens qui vont cruiser dans les bars dans les années 80.»

5- Le feu sauvage de l'amour

André Ducharme: «C'est très personnel, parce que cette chanson-là, c'est ma toune. Je l'ai écrite avec Jacques Chevalier quand j'avais 15 ou 16 ans, sans savoir ce que cette chanson allait avoir comme vie et ce que cela allait m'apporter. Nous faisions une parodie de groupe yéyé des années 60, avec toutes sortes de tounes un peu rétro et comiques, celle-là étant probablement la meilleure. Elle a été un déclencheur, parce que les gars de RBO étaient dans la salle lors d'un show avec mon groupe à l'époque. Sans cette chanson, je ne serais probablement même pas dans RBO.»

Le commentaire de Gaétan Essiambre

Gaétan Essiambre est un collaborateur de longue date de RBO. Il travaille au montage des musiques du groupe pour le spectacle du 23 juillet qui, selon lui, sera exceptionnel. «J'ai l'impression d'être sur un show de U2! Les chansons de RBO, ce sont de gros morceaux de la musique québécoise. Ce que j'aime, c'est que leur musique est crédible. Ma chanson préférée, parce qu'elle est légère, c'est Le feu sauvage de l'amour. C'est la plus simple. Les gars de RBO sont de grands mélomanes, toujours à l'affût des nouveaux artistes. En fait, le plaisir de faire de la musique avec eux, c'est qu'ils savent exactement ce qu'ils veulent. La commande est précise.»

RBO: des Beatlemaniaques

Yves Pelletier, Bruno Landry, Guy A. Lepage et André Ducharme ont parodié à peu près tous les styles de musique. Mais rien ne les rendait plus heureux que les parodies des Beatles, qui sont devenus, avec leur humour, Les Bidules, formés de Paul Mercantile, Jean Lanonne, George Hérisson et Ringo L'étoile. «Chaque fois que nous imitions les Beatles, nous avions le sourire étampé dans la face, se rappelle Guy A. Lepage. Nous étions contents de retrouver ces personnages-là.» André Ducharme confirme. «Nous avons tout réécouté des Beatles. Nous étions des fans. Et chanter ensemble en studio, c'était des moments de pur bonheur.» Attendons-nous donc au retour sur scène des Bidules le 23 juillet...

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Sur la place des Festivals, le 23 juillet à 21h.




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