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Le Festival TransAmériques inquiet pour l'avenir

Martin Faucher et David Lavoie, codirecteurs du FTA... (photo Trung Dung Nguyen, fournie par le FTA)

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Martin Faucher et David Lavoie, codirecteurs du FTA

photo Trung Dung Nguyen, fournie par le FTA

Mario Cloutier

Avec 19 spectacles ayant affiché complet sur un total de 22, le 12e Festival TransAmériques aura connu un important succès public cette année. Mais l'aide gouvernementale stagnante et le retard de certaines subventions inquiètent la direction du FTA pour l'avenir de la fête internationale du théâtre et de la danse.

Des salles pleines à 99 %, billets de faveur compris, et des succès populaires et critiques comme Kings of War, Pourama pourama et Tom na fazenda ont ravi les codirecteurs du Festival TransAmériques, Martin Faucher et David Lavoie. Le FTA a présenté neuf créations cette année, dont huit premières mondiales en provenance de 13 pays.

Mais la programmation, qui se prépare deux ans d'avance, des prochaines éditions du FTA pourrait s'enliser à cause de subventions - un peu plus de la moitié du budget de 4 millions - qui ne suivent pas la courbe des coûts d'un festival international de cette qualité.

Pour cette raison, croit David Lavoie, «on pourrait se retrouver en mauvaise posture, devoir mettre de côté nos plans et resserrer la programmation du festival. On n'est pas en crise, on est avant la crise. On sent qu'il y a un manque de leadership en ce moment pour aider à nous renforcer».

«Si le CALQ n'augmente pas son aide, on sera en déficit cette année. Au Patrimoine canadien aussi, on a la même subvention depuis une douzaine d'années», indique Martin Faucher, codirecteur du Festival TransAmériques.

Le directeur artistique ne souhaite pas une croissance exponentielle du FTA. «Entre 25 et 28 événements, c'est parfait. Par contre, avec un meilleur soutien des institutions, on pourrait offrir une ou deux représentations de plus de nos grands spectacles puisqu'on sait que la salle serait pleine.»

Le «seul festival de création en danse et en théâtre au Québec», dixit Martin Faucher, reste en bonne santé financière pour l'instant, mais l'excédent des revenus sur les dépenses n'est que de quelques milliers de dollars. La marge de manoeuvre est pratiquement nulle.

«Dans notre domaine, on joue un rôle aussi essentiel que Bombardier, souligne-t-il. Notre équipe est fantastique, notre impact est important, mais c'est dommage d'être dans l'insécurité. On est prêts à relever le défi, mais ça prend des moyens. L'époque d'"on peut tout faire avec rien" est vraiment finie.»

David Lavoie ajoute que «l'enjeu, c'est de maintenir de "grandes formes" [comme Kings of War] qui jouent un rôle de locomotive et rehaussent la quantité de billets à vendre. Ça positionne le festival à l'international».

Cette année, 149 diffuseurs et programmateurs ont assisté au FTA, dont la moitié de l'étranger. En plus de la présence de 16 journalistes en provenance de quatre pays

Politique

La conjoncture politique ne joue pas en faveur du FTA. Québec a retardé l'attribution de ses subventions en raison du dévoilement prochain d'une nouvelle politique culturelle. Et à Montréal, les nouveaux élus sont en train d'étudier leurs priorités culturelles.

«Le problème, note Martin Faucher, c'est que les réponses des organismes tardent. Les grandes compagnies de théâtre, il faut les engager plus d'un an à l'avance et la compétition est grande à l'international. Le spectacle d'ouverture de 2019 est réglé, mais je ne peux pas aller plus loin pour l'instant parce que je ne connais pas les paramètres financiers.»

Le FTA avait, cette année, près de 22 000 billets à vendre et prévoit en avoir 24 000 d'ici trois ans. Avec les activités extérieures et gratuites, c'est plus de 40 000 personnes qui assistent au FTA.

Les deux hommes de théâtre notent que les rapports des Conseils des arts sont, pourtant, dithyrambiques à propos du FTA.

«Mais ils semblent incapables de nous donner plus, commente David Lavoie. Ça nous place sur la brèche et nous empêche de relever le défi de gérer un festival reconnu internationalement et qui sert le développement de la communauté théâtrale québécoise.»

Le 13e Festival TransAmériques aura tout de même lieu du 22 mai au 5 juin 2019.




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