Trois artistes, trois décennies, trois parcours qui ont marqué l'histoire de la chanson à leur façon et auxquels les FrancoFolies rendront hommage. Jacques Brel, Félix Leclerc et Claude Léveillée : trois hommes dont les destins se sont frôlés, côtoyés, croisés.

Mis à jour le 13 juin 2013
Alexandre Vigneault LA PRESSE

1950

Félix Leclerc part pour la France à la mi-décembre pour un engagement avec Les Compagnons de la chanson. Son séjour durera deux ans au total. Il se produit notamment aux Trois Baudets, cabaret fondé par son imprésario Jacques Canetti, où il croise le jeune Jacques Brel et plusieurs futures figures marquantes de la chanson française, dont Georges Brassens, Henri Salavador, Juliette Gréco, Boris Vian et Serge Gainsbourg. Il existe une photo réunissant tout ce beau monde, selon Eddy Prybylski, l'un des biographes de Brel.

1958

Olivier Todd cite un télégramme de Brel à sa femme, Miche, daté du 28 mai 1958, où il écrit être attendu chez Félix Leclerc le 11 juin. L'admiration de Brel pour Félix est soulignée par tous ses biographes. Des compositions de Félix faisaient partie des rares chansons que l'icône belge chantait parfois en privé, lui qui n'était pas porté sur la chose, selon Miche (rapporté par Prybylski).

1960

Piaf a applaudi Félix aux Trois Baudets. Dix ans plus tard, elle applaudit Claude Léveillée et lui ordonne pratiquement de la rejoindre à Paris. Léveillée a-t-il profité de ce séjour pour fraterniser avec les autres chansonniers français? Possible. Robert Thérien, historien de la chanson, rappelle toutefois que le chansonnier québécois était pratiquement «séquestré» chez l'exigeante Piaf où il composait et écrivait.

1963

Brel profite d'un séjour au Québec pour assister à une représentation de L'auberge des morts subites de Félix Leclerc, présentée au Gesù. Même si Todd écrit que Brel voyait «souvent» Félix et Vigneault, Robert Thérien en doute: une grande différence d'âge, entre autres, séparait les deux chansonniers. L'historien rappelle en outre que Félix était déjà une vedette en France au début des années 50, alors que Brel ne le deviendra seulement qu'au cours des années 60.

1969

En 1969, Brel et Félix accordent une entrevue radiophonique commune sur les ondes d'Europe 1. «C'est la première fois qu'on les voit travailler ensemble», souligne Marcel Brouillard, auteur d'une biographie du chantre de l'île d'Orléans. Les liens entre les deux étaient en effet plus professionnels qu'amicaux. Raymond Devos, en revanche, était le grand ami de Félix en France. Il était d'ailleurs le parrain de Nathalie Leclerc.

Photo: archives La Presse

Jacques Brel

1973

Danielle Oddera et sa soeur Clairette faisaient partie des proches de Brel au Québec. Son grand ami ici était Raymond Lévesque, avec qui il a «mangé du pain noir» à Paris avant de finalement connaître le succès, précise toutefois l'historien de la chanson Robert Thérien.

1977

Durant l'été 1976, Félix et Léveillée ont partagé la scène pour quelques soirs, au Théâtre de l'Île, dans l'île d'Orléans. Le spectacle a donné lieu à un album double, Le temps d'une saison, publié en 1977, orné de cette photo où Léveillée tient le micro et Félix la guitare. Ce même été, le spectacle a été repris à l'île d'Orléans et au Patriote de Sainte-Agathe. La courte collaboration entre les deux artistes a aussi donné naissance à deux contes musicaux, La légende du p'tit ours gris et Le journal d'un chien, publiés en 1978.

Photo: archives La Presse

Claude Léveillée