Au Festival de Lanaudière, le premier concert du traditionnel volet dans les Églises illustrait la place du piano chez les deux célèbres compositeurs d'opéra, Verdi et Wagner, dont 2013 marque le bicentenaire de la naissance.

Claude Gingras LA PRESSE

Lanaudière les présentera comme tels plus tard cette saison. Lundi soir, on les retrouvait dans un contexte moins familier, sous les doigts de la pianiste canadienne Katherine Chi. Sans doute à cause de l'extrême chaleur, il n'y avait qu'une centaine de personnes à l'Église historique Saint-Henri de Mascouche.

Le programme lui-même était bizarre et moyennement attirant. Pourquoi Beethoven comme entrée en matière d'un programme Verdi-Wagner? On se pose d'autant plus la question que cette brève Sonate op. 90 n'est pas particulièrement remarquable et que la pianiste en donna une exécution bien terne.

Elle passa ensuite à la musique pour piano de Wagner. Bruce Hungerford et Martin Galling en signèrent autrefois des intégrales qui renferment quelques très belles pages. Notre pianiste s'était hélas! arrêtée aux moins bonnes.

Pour tout ce qui suivait, elle se limita à un seul genre: les arrangements d'opéras des deux compositeurs, réalisés par Liszt et par d'autres virtuoses comme Thalberg, Bülow et, plus près de nous, Gyorgy Cziffra. Ces arrangements, aussi bien de Meistersinger et Fliegende Holländer que de Traviata, Trovatore et Aida, sont d'une indescriptible difficulté. Ou bien l'air connu est enrubanné d'interminables arpèges, trilles et autres ornements, ou bien deux thèmes distincts circulent simultanément sous les dix doigts.

Katherine Chi exécuta ces millions de notes sans le moindre problème, à la vitesse requise et avec la force souhaitée, et ce, malgré les conditions inhumaines où elle se trouvait. Il lui manque simplement -- et c'est beaucoup -- le style flamboyant d'un Marc-André Hamelin.

Sans doute pour montrer qu'elle peut faire mieux que de l'acrobatie -- ce qu'elle n'avait pas réussi dans Beethoven --, elle offrit en rappel un Impromptu de Schubert. Ces quelques minutes de grâce furent, de la soirée entière, les seules de vraie musique.

Katherine Chi, pianiste. Lundi soir, Église Saint-Henri de Mascouche. Dans le cadre du 36e Festival de Lanaudière.