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Diane Reeves: la reine de la niche

Diane Reeves s'inscrit dans la lignée impériale des... (Photo Marco Campanozzi, archives La Presse)

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Diane Reeves s'inscrit dans la lignée impériale des grandes chanteuses de jazz comme Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald, Carmen McRae et Betty Carter.

Photo Marco Campanozzi, archives La Presse

Dianne Reeves ne cherche pas spécialement l'assentiment de tous les publics. La chanteuse de 57 ans s'estime heureuse d'imposer le respect absolu dans un monde musical désormais constitué de niches, dont celle du chant jazz, où elle trône sans opposition aucune.

Et puisque la reine de la niche nous accorde une audience, il convient de l'honorer.

«D'un côté, il y a cette immense diffusion pop que favorisent les médias traditionnels, de l'autre, plusieurs musiques spécialisées qui ne cessent de croître. À travers les médias sociaux, les fans de jazz sont plus actifs que jamais et je trouve cela très excitant. Ils réalisent qu'un groupe de musiciens émergents s'impose actuellement et mérite leur attention soutenue.»

Force est de constater que la reine défend sa niche bec et ongles.

«Pour ne nommer que ceux-là, je suis impressionnée par le trompettiste Sean Jones, les pianistes Robert Glasper et Kris Bowers, des musiciens venus d'Afrique, renchérit-elle. Le jazz explose! Chaque jour, je vais à la pêche sur YouTube, je ne cesse de découvrir de nouveaux artistes...»

Si Dianne Reeves n'a pas obtenu un succès commercial comparable à celui de Diana Krall, elle est loin de nourrir la moindre frustration ou amertume. Bien au contraire, elle se dit fière de garder le cap et encourage ses collègues à faire de même.

«J'aime que les chanteurs émergents ne soient pas obsédés par le succès populaire. Ils conservent leur indépendance artistique. Qui plus est, ils sont tous instruits. Plusieurs sont capables de tirer parti de cette éducation de haut niveau et d'ouvrir leur âme à la création. Associés au jazz, des chanteurs comme José James, Gregory Porter, Becca Stevens ou Laura Mvula se définissent en intégrant plusieurs influences musicales.»

Bien entourée

S'inscrivant dans cette lignée impériale des grandes chanteuses de jazz, on pense aux Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald, Carmen McRae et autres Betty Carter, Dianne Reeves préconise une forme ouverte.

«Le jazz est la racine principale de mon art: cette musique m'a procuré un passeport pour me produire sur les scènes du monde, le swing reste au coeur de mon expression. Mais la vie change, la vie personnelle influence la vie artistique, idem pour le contexte social et le politique. Si je veux rester fidèle à moi-même, je dois explorer de nouvelles avenues. Je le fais depuis mes débuts, d'ailleurs.»

«À l'époque, certains disaient que je ne savais pas où je voulais en venir, alors qu'aujourd'hui, tant de chanteurs de jazz suivent une voie similaire», ajoute-t-elle.

Pour la chanteuse de Denver, musiques soul, R&B, gospel, cubaines, jamaïcaines, brésiliennes ou africaines sont intimement liées à l'expression afro-américaine, et donc au jazz. En témoigne l'éclectisme de l'opus Beautiful Life, paru en février dernier sous étiquette Concord: réalisé par Terri Lyne Carrington, le personnel de Dianne Reeves comprend le pianiste Robert Glasper, la bassiste Esperanza Spalding, la percussionniste Sheila E, la chanteuse Lalah Hathaway, le chanteur Gregory Porter, le bassiste Richard Bona, l'harmoniciste Grégoire Maret, son regretté cousin George Duke. Ce très bel album comprend de superbes reprises de Bob Marley (Waiting in Vain), Fleetwood Mac (Dreams), Marvin Gaye (I Want You) ou Ani DiFranco (32 Flavors).

«Beautiful Life, c'est tout moi. Je voulais un album de jazz empreint de conscience soul. J'ai constaté, par ailleurs, que plusieurs jeunes musiciens de jazz retournent à ces musiques avec lesquelles j'ai grandi. J'ai pensé que ce serait l'occasion idéale d'user de ces références, de regrouper des musiciens pour qui elles ont une signification importante. Ils se sont tellement impliqués! Superbe expérience où j'ai voulu démontrer ma polyvalence, une fois encore.»

On devine bien que cette nomenklatura conviée au projet Beautiful Life ne pourra se trouver sur scène. À Montréal, le personnel de Dianne Reeves sera constitué du guitariste Romero Lubambo, du pianiste Geoff Keezer, du contrebassiste Reginald Veal, du batteur Terreon Gully. N'allez surtout pas y voir un prix de consolation, la reine pourrait sévir!

«Chaque membre de mon groupe de tournée contribue quotidiennement à la recréation de ma musique. Cette musique est assez ouverte pour se transformer à chaque concert. Pour y parvenir, il faut beaucoup plus qu'un groupe d'accompagnement.»

Ainsi, la reine de la niche a le sentiment d'être encore à l'affût, prête à vivre de nouvelles aventures. «Ma musique est honnête et sans compromis. J'en suis très fière.»

Au Théâtre Maisonneuve, ce soir 20h. Première partie: Nico Sarbanes.




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