Pour sa deuxième année, Scène contemporaine autochtone revient avec sept représentations, quatre spectacles et une journée de réflexion. Un thème: la réconciliation, mais laquelle?

Mis à jour le 31 mai 2017
Mario Cloutier LA PRESSE

Scène contemporaine autochtone fait partie des événements officiels du 375e anniversaire de Montréal cette année, mais sa responsable, Émilie Monnet, a choisi d'en faire un happening critique autour de la réconciliation entre les Premières Nations et le reste de la population.

«On dit que Montréal est la ville de la réconciliation en 2017, mais on attend encore de voir quels sont les engagements qui vont se prendre. On a décidé de saisir la chance de parler de réconciliation d'un point de vue critique. Les artistes autochtones ont beaucoup à dire à ce sujet et c'est ce que nous célébrons. 

«Je pensais qu'il était à propos de parler du mythe de la réconciliation, poursuit-elle. Le premier ministre Trudeau s'est engagé à répondre à toutes les recommandations de la Commission de vérité et réconciliation. Il y a beaucoup d'attentes.»

Point de mire de la programmation, le spectacle Piriti avec des artistes autochtones de tous les horizons.

«Je suis très enthousiaste à ce propos. Ça va être très fort. On célèbre vraiment l'originalité, le talent et l'interdisciplinarité dans ce spectacle.»

La soirée comprend le plus récent solo du Maori Charles Koroneho, mais aussi la performeuse Skeena Reece et la violoniste de Brooklyn Laura Ortman, avec la collaboration de Caroline Monnet et de Sébastien Aubin à la vidéo.

Aucune langue coloniale - ni anglais, ni français, ni espagnol - ne sera entendue lors de cette soirée dite de «résistance». 

Parmi les autres spectacles, notons la présence de l'artiste visuelle de réputation internationale Nadia Myre dans une soirée intitulée Je me souviens. Également, Émilie Monnet et Lara Kramer offriront This Time Will Be Different.

«Notre travail traite de tout le temps et l'argent investis dans les commissions et les rapports sur les questions autochtones qui dorment sur les tablettes. C'est une installation sonore performative.» 

Quant à Reckoning (Moment de vérité), il s'agit d'une pièce de théâtre qui a été montrée à Toronto et le sera à Ottawa l'an prochain. «Elle pourrait facilement être présentée au FTA», croit Émilie Monnet.

Enfin, le 9 juin, Scène contemporaine autochtone prépare une Journée de conversations sur la réconciliation.

«C'est important d'avoir des espaces pour échanger, dit l'organisatrice et artiste. À Montréal, on commence à reconnaître qu'on est en territoire autochtone, mais il reste des questions à se poser. Qu'est-ce que ça veut dire pour les nations qu'on reconnaît si cela ne reste que paroles dans le vent?»

Photo fournie par les Productions Onishka

Skeena Reece