Fort de l'appui d'un nouveau commanditaire principal - le groupe bancaire RBC -, le festival Montréal en lumière va recentrer ses activités dans le Quartier des spectacles, là même où il a vu le jour il y a 12 ans.

Daniel Lemay LA PRESSE

«Nous avons opté pour une formule simplifiée», a expliqué hier en conférence de presse Alain Simard, le président de l'Équipe Spectra qui a mis sur pied Montréal en lumière à la suite de la volonté des gouvernements exprimée au Sommet sur l'économie et l'emploi à la fin des années 90. La mission: relancer la saison touristique hivernale en affirmant la position de Montréal comme métropole culturelle et gastronomique et «ville des festivals».

La formule est «simplifiée» d'abord du point de vue géographique: toutes les activités extérieures seront désormais concentrées sur la place des Festivals et l'esplanade de la Place des Arts; au cours des dernières années, à cause des chantiers que l'on sait au centre-ville, les activités familiales de Montréal en lumière se tenaient dans le Vieux-Port et sur la place Jacques-Cartier durant les week-ends; il y en aura désormais tous les jours durant Montréal en lumière.

Les spectacles continueront d'être présentés à la Place des Arts et dans les autres salles du Quartier des spectacles. Quant aux 50 «bonnes tables» du volet gastronomique, on continuera de les trouver un peu partout au centre-ville, dans le Mile-End et sur le Plateau-Mont-Royal. Cette année, les invités sont la Belgique francophone - une vingtaine de chefs et de chocolatiers de la région Wallonie-Bruxelles travailleront dans autant de restaurants montréalais entre le 16 et le 26 février 2012. Dans le même volet, les vedettes américaines sont Seattle, ville de fruits de mer et de restaurants éphémères, et la région vinicole de Washington-Oregon, deux États qui, ensemble, comptent plus de 1000 vignobles commerciaux d'où sortent riesling, chardonnay, merlot et autres cabernet franc.

Simplification aussi dans la nomenclature: les différents volets ne porteront plus les noms de leurs commanditaires respectifs comme, l'an dernier, les Arts Financière Sun Life, les Plaisirs de la Table SAQ et la Fête de la lumière BMO Banque de Montréal. L'apport de RBC, comprend-on, permet un réalignement commanditaire qui aidera Montréal en lumière à se départir de son image de «trois festivals en un», difficile à suivre... et à vendre.

Le groupe RBC (la marque de Royal Bank of Canada, plus grosse banque du pays) succède à Hydro-Québec, présentateur de Montréal en lumière depuis 10 ans. Qu'attend la Banque Royale de cette nouvelle association? «Notre objectif est d'être près des gens», explique à La Presse Micheline Martin, présidente de la Banque Royale (Québec). Contre «un gros chèque», Mme Martin verra sa marque occuper «seule» l'espace festivalier de février. L'enveloppe de RBC pour les dons et commandites atteint les 100 millions pour l'ensemble du Canada dont 6 millions pour le Québec, somme qui exclut la nouvelle commandite annoncée hier, précise Mme Martin. De ces 6 millions, 10% sont alloués aux activités culturelles, le gros des dons de RBC allant aux universités, hôpitaux et autres oeuvres caritatives.

Le budget de Montréal en lumière est de l'ordre de 8 millions; l'an dernier, les commandites comptaient pour 54% du budget de 6,4 millions, les subventions pour 34% et les revenus autonomes (la billetterie) pour 12%.

RBC est le deuxième grand groupe bancaire canadien à devenir le commanditaire principal d'un grand festival montréalais; l'autre est le groupe TD (Toronto Dominion), présentateur du Festival international de jazz de Montréal depuis 2009.