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Remixer ma vie: Laurent Saulnier

Laurent Saunier choisit les artistes au programme des... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

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Laurent Saunier choisit les artistes au programme des FrancoFolies depuis 19 ans.

Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

Pour leur 30e édition, les FrancoFolies dureront un jour de plus (le dimanche 17 juin) et présenteront des spectacles complets sur une nouvelle scène extérieure, campée sur le parterre symphonique. Vice-président programmation et production de l'Équipe Spectra, Laurent Saunier choisit les artistes au programme de l'évènement depuis 19 ans. Il a aussi couvert les premières années du festival comme journaliste pour l'hebdomadaire culturel Voir. Bref, c'est un témoin des plus privilégiés de l'évolution des Francos.

1- La chanson qui l'a rendu mélomane: Tout écartillé de Robert Charlebois

«La première fois que j'ai vu un chanteur connu live, ça devait être en 1969-1970. On était à Terre des hommes et le hasard a fait qu'il y avait au Kiosque international l'enregistrement du Donald Lautrec Chaud. Je me rappelle très bien avoir vu Robert Charlebois chanter Tout écartillé. Remets-toi dans le contexte du p'tit gars qui entend Charlebois, je pense que ça donne un petit coup. [...] Petit à petit, j'ai commencé à achaler mes parents pour acheter des 45 tours. Mais le premier album qui est rentré chez nous et que ça nous tentait d'écouter, c'est le premier album de Beau Dommage. À partir de là, j'étais cuit.»

2- L'artiste qu'il rêvait de programmer à son arrivée chez Spectra: Alain Bashung

«Pour moi, le plus grand chanteur francophone et non québécois, ç'a toujours été Bashung. [...] Mais il a fallu être patient [pour le programmer] et attendre le moment où il allait être en tournée. Ça a pris cinq ans. Mais pour moi, la grande affaire avec lui, ce n'est pas la première fois, mais la deuxième fois [en 2005]. Le hasard a fait que, lorsqu'il a quitté Montréal [en 2004], on s'est croisé dans la porte de l'hôtel. Il m'a regardé et m'a dit: "On revient l'année prochaine puis on fait une carte blanche, hein?" Et j'ai dit: "Absolument." Pour moi, c'était un rêve de p'tit gars.»

3- Le concert qu'il est le plus fier d'avoir programmé

«Spontanément, je pense à l'ouverture des Francos de 2016. Avec Loud Lary Ajust, Alaclair, Les Dead O [bies], Koriass en surprise et Brown. Je suis fier parce que personne n'y croyait et je l'ai fait pareil. [...] Quand on l'a annoncé, le nombre de journalistes qui ne comprenaient pas pourquoi on faisait ça, il y en a eu plein. [...] C'était perçu comme extrêmement audacieux. Moi, mes guts me disaient: "Ne t'en fais pas, c'est ça qu'il faut faire." Et à partir de ce show-là, la perception du hip-hop québécois, particulièrement des médias, a changé bout pour bout.»

4- Son pari de programmation le plus fou: amener Stromae au Centre Bell en 2014

«Je me souviens très bien: j'étais en France et on était partis avec l'idée qu'il refasse des Métropolis. L'album Racine carrée venait de sortir. Son agent français m'a dit: "Regarde, je comprends ce que tu dis, mais notre plan, c'est de faire ça, ça et ça, et que je pense que rendu au mois de juin, à Montréal, on devrait être capable de faire un Centre Bell." Je l'ai regardé avec des gros yeux. Mais je me suis dit que le pari valait la peine d'être tenté. Et finalement, on en a fait deux.»

5- Le concert le plus surprenant qu'il a programmé: Mutantès de Pierre Lapointe

«C'était en 2008. Il n'y a pas grand monde, à ce moment-là, qui pensait vraiment que Pierre Lapointe était un artiste capable d'avoir ce genre de vision-là. De faire un show avec une vraie mise en scène, un décor, etc. Mais quand il est arrivé avec cette idée-là, je me suis dit: "Merde, si on ne le fait pas, j'aurais l'impression de passer à côté de quelque chose." [...] Je pense que c'était important que ce show-là se fasse. Et c'était aussi important que ça se fasse par quelqu'un de jeune comme Pierre l'était il y a 10 ans.»

6- L'artiste qu'il rêve de programmer sans y être encore parvenu: MC Solaar

«Pour moi, c'est un MC d'exception. Je l'ai toujours profondément aimé et respecté. En 2011, on avait essayé de le présenter aux Francos; on avait réussi à trouver l'avocat qui le représentait et on s'était rendus à lui faire une vraie offre. Ça n'a pas abouti pour mille et une raisons... Et l'an dernier, je l'ai poursuivi pour le convaincre de passer par Montréal avant de commencer sa tournée. Il n'était pas sûr d'être prêt pour le mois de juin. Ils ont préféré décliner l'invitation, mais ça ne veut pas dire qu'on ne se reprendra pas l'année prochaine.»

7- La découverte récente qui l'emballe: FouKi

«Je trouve qu'il est arrivé avec un son et un flow qui ne ressemblent à personne en ce moment. On est dans une espèce d'éclosion du rap québécois depuis quelques années et de voir un FouKi arriver avec une proposition qui n'a rien à voir avec Koriass, Alaclair, les Dead O, Loud, je trouve ça extrêmement sain. [...] Chacun des rappeurs a un flow naturel et je trouve que la difficulté est de trouver le bon beatmaker pour aller avec. Dans le cas de FouKi, on a l'impression que tout coule de source.»

8- Le concert qu'il a le plus hâte de voir: Eddy de Pretto

«D'abord et avant tout parce que je ne l'ai jamais vu. Et voir quelqu'un que je n'ai jamais vu, c'est extrêmement stimulant. Aussi, je trouve que son album est fantastique. Et sur scène, il arrive avec une proposition assez originale. J'aime cette idée d'avoir le gars tout seul avec un drummer. [...] Je demeure convaincu qu'on risque d'être surpris. Parce que les tounes sont fortes. Et, en plus, Clara Luciani va bien préparer le terrain ; je l'aime beaucoup elle aussi. Ça se pourrait même que, pour une fois, le MTelus soit attentif à une première partie [rires].»

9- La découverte à faire cette année aux Francos: Angèle

«S'il y a quelqu'un qui gagne à être connu cette année - et dans son cas à elle, ça va être relativement vite, je pense - , c'est Angèle. J'ai eu la chance de la voir l'automne dernier à un showcase d'une demi-heure. Il y a chez cette fille-là des tounes, mais aussi une présence et... c'est vraiment un cliché, mais il y a une fraîcheur. Tu as l'impression que cette fille-là n'a pas un modèle. Elle a réussi à séduire un public de chanson et de musique urbaine. [...] J'ai l'impression que l'année prochaine, ce sera minimum un Club Soda et ça se pourrait bien qu'on l'amène tout de suite au MTelus.»

10- La chanson qui lui rappelle Montréal: Montréal de Beau Dommage

«Je vais être super plate, mais spontanément, la première toune qui me vient en tête, c'est Montréal de Beau Dommage. Je le dis un peu à contrecoeur, parce que je trouve que c'est une chanson tellement triste et, pour moi, Montréal n'a jamais été triste. Mais, en même temps, je trouve que l'écriture de cette chanson-là est quasi parfaite. C'est une grosse, grosse, grosse toune.»




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