Alors que s'amorce doucement le passage vers la saison froide, le calendrier dansé automnal montréalais s'annonce fort chargé. Notre sélection de six spectacles incontournables à inscrire à votre agenda.

Iris Gagnon-Paradis LA PRESSE

Giselle

Du 25 au 29 septembre

Théâtre Maisonneuve

La chorégraphe sud-africaine Dada Masilo semble prendre plaisir à revisiter les classiques du ballet. Après son Lac des cygnes - sans pointes - abordant des tabous de son continent comme l'homosexualité et présenté à Montréal en 2016, la voici de retour avec une relecture qu'on dit décapante du ballet Giselle, qui ouvre la saison à Danse Danse. Encore une fois, elle ancre ce récit classique dans sa réalité sud-africaine contemporaine, avec une trame sonore de Philip Miller qui incorpore les percussions africaines à la musique classique. Et quant à Giselle, elle devient dans l'oeil de Masilo une féministe bien de notre temps.

L'affadissement du merveilleux

Du 26 au 29 septembre

Édifice Wilder

Avec L'affadissement du merveilleux, la chorégraphe montréalaise Catherine Gaudet entame un nouveau cycle de création. Délaissant un travail empreint d'une certaine théâtralité et explorant les questions relationnelles entre les êtres, elle s'intéresse ici davantage aux cycles, puisant dans une forme davantage épurée, voire géométrique. Le cycle de l'humanité, son histoire «épique, cruelle et merveilleuse», ses failles et fulgurances seront ici autopsiées par cinq danseurs (Dany Desjardins, Francis Ducharme, Caroline Gravel, Leïla Mailly et James Phillips), en ouverture de saison à l'Agora de la danse.

L'amant de Lady Chatterley

Du 4 au 13 octobre

Salle Wilfrid-Pelletier

La chorégraphe d'origine britannique Cathy Marston a créé plus de 50 oeuvres au cours de sa prolifique carrière. Attachée au style du ballet narratif, elle aime s'inspirer de grandes oeuvres de la littérature mondiale, comme Jane Eyre et Hamlet. Pour ouvrir la saison 2018-2019 des Grands Ballets, c'est à L'amant de Lady Chatterley, de D.H. Lawrence, qu'elle s'attaque. Longtemps interdit de publication, ce roman d'amour trace l'histoire de passion interdite, érotique et troublante entre une aristocrate et un garde-chasse dans une Angleterre puritaine. Une création qui s'annonce sous le signe de la sensualité, dont la trame sonore est signée par le compositeur Philip Feeney, à partir de la musique originale au romantisme exacerbé d'Alexandre Scriabine.

Electric Life et Beating

Du 31 octobre au 3 novembre

Théâtre Maisonneuve

Ancien soliste du Stuttgart Ballet, le Québécois et chorégraphe Éric Gauthier est aujourd'hui à la tête de Gauthier Dance//Dance Company Theaterhaus Stuttgart, en Allemagne. Il s'amène à Montréal sur un grand plateau, à l'invitation de Danse Danse, pour un programme quadruple qui s'annonce relevé et consacré à de remarquables figures de la danse contemporaine. Gauthier y présente Electric Life, une création de son cru - en collaboration avec le Grec Andonis Foniadakis - qui se veut un hommage senti à Louise Lecavalier. On pourra aussi y voir Beating, toute première commande d'une compagnie internationale à la Montréalaise Virginie Brunelle, ainsi qu'un solo de Marco Goeke (Ballet national du Canada, Nederlands Dans Theater) rendant hommage à Pina Bausch.

De la glorieuse fragilité

Du 28 novembre au 1er décembre

Édifice Wilder

Le métier de danseur en est un tissé d'éphémérité. Dans sa nouvelle création présentée en première mondiale par l'Agora de la danse, la chorégraphe de Québec Karine Ledoyen a écouté les récits de danseurs qui ne dansent plus afin de s'en inspirer comme matériel chorégraphique. Confidences livrées par bribes, brouillage de la frontière entre fiction et réalité, De la glorieuse fragilité explore ainsi les petits et grands deuils et le lien qui unit les artistes à leur art, à travers une série de duos soudés. Avec Elinor Fueter, Jason Martin, Simon Renaud et Ariane Voineau.

Vraiment doucement

Du 5 au 8 décembre

Théâtre Maisonneuve

Pour clore l'année, Danse Danse offre pour la première fois un grand plateau au chorégraphe montréalais Victor Quijada et à son groupe RUBBERBANDance, connu pour sa gestuelle unique hybridant hip-hop, ballet et danse contemporaine. Avec Vraiment doucement, aboutissement de 15 ans de création, Quijada cherche à réinventer son style, à le propulser sur de nouveaux territoires. Sur scène, les interprètes évoquent une humanité fragile, au bord de la révolution, où grondent des bouleversements qui feront tout basculer, alors que point, au loin, un jour nouveau.