Sur son troisième et plus récent disque, Hot Dreams, Timber Timbre conviait l'autostoppeur à une virée à travers les bleds, les bars d'hôtels miteux et les boulevards des rêves brisés d'une Amérique déboussolée. Le road trip s'est avéré fascinant, révélant un groupe en parfait contrôle de son univers brumeux, où les apparences sont trompeuses et où le cauchemar n'est jamais loin.

Frédéric Murphy LA PRESSE

Vendredi au Métropolis, le groupe du Montréalais d'adoption Taylor Kirk n'a pas eu de mal à transposer sur scène cet univers d'une grande richesse, qui pourrait lui valoir le prix Polaris du meilleur album canadien de l'année aujourd'hui.

Mené par un chanteur-narrateur qui fait plus que jamais corps avec ses mots - haranguant son auditoire de sa voix hantée d'Elvis ressuscité en le montrant du doigt, tel un prédicateur -, le quatuor a rendu avec une étonnante clarté toutes les nuances de ses chansons aux charpentes folk, country et rock'n'roll, agrémentées d'explorations bruitistes.

Sur scène comme sur disque, Taylor Kirk et ses complices (le guitariste Simon Trottier, le claviériste Mathieu Charbonneau et le percussionniste Olivier Fairfield) semblent avoir atteint un degré supérieur de cohésion.

Au fil d'un set d'une heure et demie, le groupe a joué la quasi-entièreté de son nouvel album, tout en pigeant cinq chansons dans l'excellent Creep On Creeping On. Les rares titres plus anciens ont été réinterprétés de façon à se fondre au nouveau répertoire.