(Montréal) Au tour du grand syndicat qui représente les artisans de la télé et du cinéma de faire pression sur le gouvernement Legault pour qu’il modernise la Loi sur le statut de l’artiste.

Lia Lévesque La Presse Canadienne

L’AQTIS section locale 514 AIEST — Association québécoise des techniciens de l’image et du son, affiliée à la FTQ, issue d’une fusion — représente 7000 travailleurs qui œuvrent aux séries télé et aux productions cinématographiques.

L’organisation syndicale amorce une tournée des principaux partis politiques : la CAQ, le PLQ, QS et le PQ pour les convaincre de réviser enfin la Loi sur le statut de l’artiste maintes fois évoquée, mais toujours pas réalisée.

En entrevue vendredi, Christian Lemay, président de l’AQTIS section locale 514 AIEST, a rappelé que bien des artistes vivent dans une situation précaire, pas seulement financièrement. Ils ont besoin d’un filet social aux mailles plus serrées, comme des congés parentaux, le droit au retrait préventif et autres droits.

« La précarité des emplois dans notre milieu demande à ce que les lois sociales soient appliquées aussi : la Loi sur les normes du travail, la Loi sur l’équité salariale, la Loi sur la santé et la sécurité du travail — on a plusieurs femmes techniciennes — le retrait préventif, les congés parentaux, l’assurance-emploi aussi », a illustré M. Lemay.

Jeudi à l’Assemblée nationale, la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, a assuré qu’elle avait toujours l’intention de déposer un projet de loi en ce sens, « le plus rapidement possible ».

« Nous allons le faire », a-t-elle affirmé, lorsque questionnée par la porte-parole de l’opposition officielle pour les questions de culture et de communications, Christine St-Pierre. Mais la ministre n’avait « pas de date » à annoncer pour le moment.

Devant cette réponse, M. Lemay s’est dit prêt à être « pragmatique et bon joueur ».

Mais il souligne que le temps presse, puisque cette réforme est promise depuis des années. « Il va falloir que ça se fasse. C’est le temps de passer à l’action. C’est le temps que le gouvernement n’ait plus aucun complexe, puis décide d’agir au sujet de cette loi-là, parce que ça fait longtemps qu’on l’attend. Toute société qui se respecte doit s’occuper de la culture », a-t-il conclu.