La nomination de Marie Grégoire à la tête de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) a provoqué la démission d’un membre de son conseil d’administration, sous le feu des critiques depuis une semaine.

Charles-Éric Blais-Poulin
Charles-Éric Blais-Poulin La Presse

Richard Dumont, ex-directeur général de la Direction des bibliothèques de l’Université de Montréal, a confirmé dans un courriel à La Presse avoir quitté le poste qu’il occupait depuis 2016. Il a aussi indiqué que son départ était lié à l’arrivée de la communicatrice politique au poste de présidente-directrice générale de l’institution culturelle. « Je ne souhaite pas en discuter davantage », a indiqué M. Dumont en invoquant son « devoir de réserve ».

La nomination de Marie Grégoire, jugée « partisane » par des experts en archives et en bibliothéconomie, découlait bel et bien d’une recommandation du conseil d’administration, selon des informations du Devoir. Deux candidatures auraient été soumises au Conseil des ministres de la CAQ, qui a finalement tranché en faveur de l’ex-députée adéquiste.

Démissions exigées

Dans une lettre publiée mercredi, Yves Gingras, professeur d’histoire et de sociologie des sciences, a exigé la « démission immédiate » des membres du conseil d’administration.

« De deux choses l’une : ou bien les membres du C.A. — dont plusieurs sont des spécialistes du secteur des bibliothèques ou représentent des universités qui offrent des formations en archivistique et en bibliothéconomie — ont proposé l’ex-politicienne et donc nié la nécessité de détenir une expertise spécifique pour diriger BAnQ, ou bien ils n’ont pas proposé le nom de cette personne mais leur conseil n’a pas été suivi, ce qui constitue un désaveu », a-t-il écrit.

Depuis la nomination de Mme Grégoire, des critiques laissaient entendre que le choix du gouvernement Legault n’était pas celui du conseil d’administration. « Si c’est le cas, je remets en doute le travail du C.A. quant à ces recommandations », avait commenté Marie D. Martel, professeure adjointe à l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information de l’Université de Montréal, en entrevue avec La Presse.

Par ailleurs, jeudi après-midi, près de 1000 personnes avaient signé la pétition en ligne « Annuler la nomination de Marie Grégoire comme PDG de BAnQ », initiée par Guy Teasdale, ex-directeur de la bibliothèque numérique de l’Université Laval.

Consultez la page de la pétition

« Nous demandons d’annuler la nomination de Madame Marie Grégoire au poste de présidente-directrice générale de BAnQ, est-il écrit. La personne nommée doit être apte à diriger cette institution phare pour le Québec et maîtriser les enjeux auxquels font face les bibliothèques et les centres d’archives. »