Le metteur en scène belge, longtemps associé au Cirque du Soleil, doit faire face à la justice belge à l’automne pour fraudes fiscales. Dans une lettre adressée aux médias canadiens mardi soir, il a tenu à faire « quelques précisions » sur cette affaire.

Jean Siag Jean Siag
La Presse

Franco Dragone, qui a été l’un des metteurs en scène vedette du Cirque du Soleil pendant une quinzaine d’années, est soupçonné avec cinq autres complices (incluant la Banque ING) de fraude fiscale et blanchiment de 19,7 millions d’euros entre 2005 et 2012.

« À la lecture du Journal du Québec de ce samedi 20 juin, je souhaite apporter quelques précisions quant à la procédure qui me concerne en Belgique », écrit-il dans une courte lettre datée du 21 juin. « Mes conseils découvrent enfin le dossier de cette affaire, écrit-il, dans une enquête qui dure depuis près de 9 ans et qui semble arriver à son terme. Ceci va me permettre de me défendre. Enfin…

« Je conteste en tous points les faits de nature fiscale qui me sont reprochés par l’accusation, ajoute-t-il. Il est important de souligner que le réquisitoire est dirigé contre moi et une société patrimoniale, à l’exclusion de toutes les autres sociétés du groupe Dragone. Je répondrai point par point dès que le droit belge me le permettra. »

Selon le magazine Le Vif-L’Express, « le principal volet concerne des faits de fraude fiscale internationale grave et organisée commis entre 2005 et 2012, ainsi que le blanchiment du produit de cette fraude. Le second volet, lui, cible des faits de corruption publique dont sont accusés Franco Dragone et Luc Joris, un proche d’Elio Di Rupo, dans le cadre d’un prêt accordé par la SRIW au groupe Dragone fin 2011. »

« Dragone, 67 ans, est présumé innocent, écrit le journaliste belge David Leloup. La justice montoise le suspecte néanmoins d’avoir fraudé puis blanchi des millions d’euros de droits d’auteur perçus sur les spectacles qu’il a conçus au cours du dernier quart de siècle. »

Concernant son engagement auprès de son ancien complice Guy Laliberté dans le rachat du Cirque du Soleil, Franco Dragone a tenu à préciser qu’il s’agissait d’une collaboration artistique.

« En ce qui concerne à présent mon engagement aux côtés de Guy Laliberté, dans le rachat du Cirque du Soleil, je confirme qu’il a reçu mon soutien moral et ma promesse d’un engagement artistique éventuel. À aucun moment, il n’a été question d’une implication financière de ma part dans le consortium de reprise que Guy Laliberté s’attache à monter.

« J’ai une profonde admiration pour le courage qui anime Guy Laliberté dans son projet de reprise d’une activité qui est aussi la gloire du Québec et je continuerai de l’aider s’il le souhaite, au plan de ce que je puis apporter de mon expérience artistique, une expérience qui s’est forgée dans une passion partagée pour la beauté et la fulgurance des arts du spectacle vivant. »