Les ministres Josée Verner et James Moore ont tenté vendredi de réparer les pots cassés par le député conservateur Daniel Petit, qui a affirmé jeudi que son parti n'était pas «copain-copain avec les artistes».

Mis à jour le 20 févr. 2009
LA PRESSE CANADIENNE

Le député de la région de Québec a fait cette déclaration pour justifier l'absence de tout député conservateur au rassemblement «Québec horizon culture» plus tôt cette semaine. En entrevue au quotidien Le Soleil, M. Petit a également soutenu que les sommes injectées dans la culture permettaient aux artistes de «distraire» les Canadiens.

Alors que les conservateurs tentent de redorer leur blason en ce qui a trait à la culture, particulièrement au Québec, ces commentaires sont plutôt susceptibles de jeter de l'huile sur le feu.

Deirdra McCracken, directrice des communications du ministre du Patrimoine canadien, James Moore, a assuré que la position du député n'était pas représentative de celle du caucus conservateur.

«Les actions du ministre Moore parlent plus qu'autre chose», a-t-elle lancé lors d'un entretien téléphonique. Comme le fait régulièrement le ministre en Chambre, elle a souligné que les conservateurs avaient augmenté le budget destiné au patrimoine depuis leur arrivée au pouvoir.

Des coupes, particulièrement dans les programmes d'aide aux artistes canadiens en tournée à l'étranger, ont cependant fait très mal au parti de Stephen Harper aux dernières élections générales, l'automne dernier. En campagne électorale, le premier ministre avait insinué que les artistes se plaignaient le ventre plein, ce qui avait fait en sorte qu'il s'était aliéné une importante partie de l'électorat québécois.

La ministre de la Francophonie, Josée Verner, autrefois au Patrimoine, a abondé dans le même sens que Mme McCracken vendredi, indiquant que le gouvernement souhaitait collaborer avec les artistes.

«(M. Petit) a exprimé une opinion qui lui appartient, mais ce n'est pas la position du gouvernement», a-t-elle soutenu.

«Une job» du Bloc

Selon la porte-parole bloquiste en matière de culture, Carole Lavallée, M. Petit a dit tout haut ce que l'ensemble des conservateurs pensent tout bas lorsqu'il s'agit des arts. Les propos du député à l'effet que les artistes ont la fonction de «distraire» les citoyens l'ont particulièrement fait bondir.

«Le ministre confond le divertissement et les arts et la culture (...). Les conservateurs ne savent pas faire la différence», a-t-elle ironisé en entrevue, vendredi.

La veille, M. Petit avait noté que c'était plutôt le Bloc québécois qui entretenait des liens avec la communauté artistique, pas le Parti conservateur.

«On augmente des budgets, mais on n'est pas tellement copain-copain avec les artistes. C'est plutôt une job du Bloc, ça. C'est pas nous, là», avait-il alors laissé tomber.

Pour le président de l'Union des artistes (UDA), Raymond Legault, plutôt que d'éclairer le débat, M. Petit l'enfonce dans une lutte partisane.

«Je trouve ça dommage que les arts et la culture deviennent une question partisane. Quand il dit qu'il laisse au Bloc québécois les amis artistes... Je pense qu'il y a d'autres partis politiques aussi qui ont pris position en faveur des artistes», a-t-il fait valoir.

Il a d'autre part salué le travail de dialogue entrepris par le ministre Moore avec des groupes d'artistes le mois dernier.