Pierrette Robitaille et moi traversons la vaste salle à dîner du Théâtre des Cascades, une salle estivale vieillotte à Pointe des-Cascades, au confluent de la rivière Outaouais et du Saint-Laurent. Autour du buffet et des tables, une faune où les têtes blanches sont majoritaires interrompent leurs conversations pour saluer leur «vedette» préférée du petit écran. «Il y a beaucoup d'amour, chez le public. Et c'est en le rencontrant qu'on le voit», soutient la populaire comédienne, qui passe l'été dans le Snack-bar chez Ben.

Mis à jour le 19 juill. 2008
Sylvie St-Jacques

Avec son chemisier coloré et sa longue jupe paysanne, Pierrette Robitaille a l'air d'une chic bohémienne en vacances. Normal, puisqu'elle passe l'été loin du stress de la ville, dans le très joli village de Pointe-des-Cascades.

En regardant les photos des anciennes productions des Cascades, alignées dans le hall du resto, on remarque que Pierrette Robitaille a consacré plusieurs étés à faire rire le public de ce petit théâtre situé à un jet de pierre de Dorion.

«Pour beaucoup de comédiens, le théâtre d'été est très important pour la survie: trois mois de travail, c'est très rare dans le métier», concède la comédienne, qui ajoute d'ailleurs que le travail est aussi exigeant, même si les pièces sont plus légères.

Aux côtés de Michel Laperrière et de Tammy Verge, Pierrette Robitaille recrée le destin du Snack-bar chez Ben, une cantine en forme de hamburger qui est montrée à trois moments charnières de sa vie.

«La pièce originale de Sam Bobrick débutait dans le désert, dans les années 40. Mais Chantal Lamarre, qui a fait l'adaptation québécoise, l'a transposée dans la région de Dorion. La première scène se passe en 1967, qui était l'année de l'Expo, de l'effervescence des boomers, de la naissance des cégeps. La pièce se conclut aujourd'hui, en 2008. C'est l'histoire d'un couple qui s'installe dans la région, pour démarrer un snack-bar. Mon personnage est un peu sceptique, parce que le resto est situé loin de la route et à proximité d'une cantine qui marche très bien. Et déjà, à cette époque, on promet la construction de l'autoroute 30»

Viens voir les comédiens

La vaste salle du Théâtre des Cascades est remplie de spectateurs qui ont comme dessein principal d'être divertis et de se dilater la rate. Avant la représentation, plusieurs d'entre eux ont fait une promenade sur le bord de l'eau ou quelques emplettes dans la boutique de cadeaux qui jouxte le théâtre. Nul doute: le théâtre d'été, au sens le plus conventionnel du terme, est un genre bien vivant aux Cascades. Et comme dans plusieurs établissements du même type, les gens s'y rendent beaucoup pour rencontrer leurs «vedettes» du petit écran.

«C'est pas toujours évident de rencontrer les gens, il faut se préparer à ça», reconnaît Pierrette Robitaille, qui a souvent été touchée par l'affection que lui témoignent ces gens venus spécialement pour la voir «en vrai». «L'année dernière, j'ai rencontré une femme qui avait eu 14 enfants. Elle était accompagnée de quatre de ses filles, qui avaient voulu lui offrir une belle sortie.»

En février 2009, la comédienne remontera à nouveau sur les planches, dans un rôle qu'elle seule peut incarner. Avec Pierrette est enchantée (production vue en 2007 au Festival Juste pour rire), la comédienne s'offre un spectacle solo où elle se révèle de façon intime et personnelle. «Je me permets tout et je fais la folle, dit-elle. Plusieurs femmes de mon âge sont très émues par cette liberté.»

D'ici là, elle finira l'été sur la scène des Cascades, dans une cantine en forme de hamburger. Avec comme principal projet celui de faire rire les gens avec sa répartie et ses grimaces qui lui servent de carte de visite.

Snack-bar chez Ben, de Sam Bobrick et Ron Clark, adaptation de Chantal Lamarre, jusqu'au 1er septembre au Théâtre des Cascades.