Le chef-d'oeuvre de Picasso, Guernica, va bien, mais ne pourra plus voyager. C'est le diagnostic qu'a délivré le directeur du Musée de la reine Sophie, après des analyses par rayons X de la toile.

Mis à jour le 23 juill. 2008

Une série de tests est en cours depuis un an, et devrait être achevée d'ici 2010, sur cet immense tableau de 3,5m sur 7,8, une des toiles les plus célèbres au monde, dont les corps torturés d'humains et d'animaux en noir et blanc en sont venus à symboliser les horreurs de toutes les guerres.

La dernière analyse majeure de Guernica, il y a une dizaine d'années, avait révélé jusqu'à 129 imperfections diverses, attribuées au passé agité de l'oeuvre.

«La bonne nouvelle, c'est que les derniers résultats montrent que les imperfections ne se sont pas aggravées», a expliqué Manuel Borja-Villel, directeur du musée national d'art moderne.

Guernica fut commandée à Picasso par le gouvernement républicain pour l'Exposition universelle de 1937 à Paris, en pleine guerre d'Espagne. Guernica, ville du Pays basque espagnol, avait été bombardée le 26 avril 1937 par les avions allemands et italiens, alliés de Franco.

Le tableau avait ensuite pris la route, voyageant pendant 20 ans dans le monde entier. Picasso l'avait confié au soins du MoMA, le musée d'art moderne de New York, refusant qu'elle aille en Espagne avant le retour de la démocratie.

Pour l'instant, il ne semblerait pas que Guernica doive subir une nouvelle restauration complète: la seule de son existence a été effectuée en 1957, au MoMA.

En revanche, la toile est de constitution robuste, mais ses voyages sont définitivement terminés, a déclaré M. Borja-Villel.

Le dernier voyage de Guernica a eu lieu en 1981, lorsque le tableau a regagné l'Espagne, retour symbolisant la fin de la dictature franquiste.