La fin de la guerre des nouveaux formats DVD de haute définition, au profit de la technologie «Blu-ray« de Sony, pourrait enfin faire décoller ce marché, du point de vue de fabricants des DVD.

Martin Vallières LA PRESSE

La fin de la guerre des nouveaux formats DVD de haute définition, au profit de la technologie «Blu-ray« de Sony, pourrait enfin faire décoller ce marché, du point de vue de fabricants des DVD.

En tout cas, c'est ce qu'on attendait depuis un bon moment chez Cinram International, une société de Toronto qui est le plus gros duplicateur mondial de DVD et de CD qui soit encore indépendant d'un conglomérat de l'audiovisuel.

«La présence de deux formats concurrentiels nuit à l'émergence et à l'essor du marché de DVD de haute définition», déplorait Cinram dans ses plus récents résultats trimestriels.

Et déjà, vendredi dernier, alors que s'ébruitait l'intention de Toshiba d'abdiquer sa technologie HD-DVD en faveur de Sony, la valeur des parts de Cinram qui est cotée comme fiducie de revenu à la Bourse de Toronto avait rebondi de 8% à 5,79$.

Il s'agissait de la cote la plus élevée de Cinram depuis plus d'un mois, quoique toujours très inférieure à son niveau d'environ 24$ d'il y a un an.

Les parts de Cinram ont de bonnes chances de poursuivre leur rebond ce matin à la Bourse de Toronto, au retour du congé d'hier du «Family Day« en Ontario.

De l'avis d'analystes, le potentiel du marché du DVD de haute définition pourrait fournir un nouvel élan d'affaires pour Cinram. Il pourrait lui permettre de compenser la déflation des prix dans sa plus grosse division actuelle: la duplication et l'impression de DVD réguliers.

Les activités de CD audionumériques de Cinram sont en baisse de revenus et de volume, reflétant le déclin de ce support dans le marché de la musique enregistrée.

Quant aux DVD réguliers, ils représentent une affaire d'environ 226 millionsUS par trimestre pour Cinram. Ses revenus déclinent toutefois malgré la progression des quantités produites.

En comparaison, les revenus de duplication de DVD de haute définition, même encore minimes, augurent d'un potentiel significatif mais encore sous-exploité.

Cinram en a tiré 5,1 millionsUS de revenus à son dernier trimestre complété (T32 007), ce qui était trois fois plus qu'un an auparavant.

Dans ses plans d'investissements pour 2008, Cinram prévoyait encore récemment 10 millionsUS pour la production de DVD de haute définition.

Mais ce budget pourrait être révisé rapidement à la hausse, maintenant que la bagarre des formats émergents vient de prendre fin.

Par ailleurs, La Presse Affaires a tenté en vain, hier, d'obtenir des commentaires de la part de Disque Amérik, le principal duplicateur de CD et DVD établi au Québec.