(New York) Plus de 500 salariés d’Alphabet, la maison mère de Google, ont signé vendredi une lettre dans laquelle ils demandent à Sundar Pichai, le patron du géant californien, de « cesser de protéger les harceleurs ».

Agence France-Presse

« Alphabet n’offre pas un environnement sain pour ceux et celles qui font face au harcèlement sur le lieu de travail », écrivent les signataires dans le courrier publié sur le site Medium.

« Même quand les ressources humaines confirment un cas de harcèlement, aucune mesure n’est prise pour que la personne l’ayant signalé se sente en sécurité », poursuivent-ils.

Les auteurs de la lettre exigent que les cadres de Google reconnus coupables de harcèlement ne puissent plus occuper de poste de direction.

PHOTO YVES HERMAN, ARCHIVES REUTERS

Le PDG de Google et Alphabet, Sundar Pichai

Ils demandent aussi à ce que les harceleurs soient affectés à une autre équipe sur le modèle de la procédure prévue lorsque des relations amoureuses sont susceptibles d’affecter l’environnement de travail. « Alphabet a des règlements plus stricts autour des relations consenties que pour les cas de harcèlement », s’indignent-ils.

Dans une tribune publiée mercredi sur le site du New York Times, Emi Nietfeld, une ingénieure en informatique ayant travaillé chez Google de 2015 à 2019, a déploré le manque de sérieux avec lequel sa direction a traité des accusations de harcèlement qu’elle avait formulées.

« Mon harceleur a continué à être assis à côté de moi », écrit Mme Nietfeld. « Mon responsable m’a fait savoir que les RH ne le feraient même pas changer de bureau et encore moins travailler de chez lui ou prendre des congés. »

Depuis plusieurs années, Google est régulièrement critiqué en interne sur sa gestion des affaires de harcèlement sexuel.

Fin 2018, plusieurs milliers d’employés avaient manifesté à ce sujet, de Singapour à Londres et au siège social du groupe en Californie, un mouvement social alors sans précédent pour la firme.

« Nous sommes pleinement conscients de l’importance de ce sujet », a réagi un porte-parole de Google auprès de l’AFP. « Nous nous efforçons de soutenir et de protéger les personnes qui signalent des problèmes, d’enquêter minutieusement sur toutes les accusations et de prendre des actions fermes pour toute allégation étayée » par des preuves solides.