Comparativement aux modèles Roomba plus coûteux, l’aspirateur robot Shark IQ ne manque pas d’attraits : plus silencieux et plus petit, tout en se révélant aussi efficace, il se vide tout seul dans sa base. Mais son volet logiciel est une catastrophe.

Karim Benessaieh Karim Benessaieh
La Presse

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Après avoir rechargé le Shark IQ modèle RV1000s sur sa base pendant six heures, il a suffi d’une quinzaine de minutes pour le configurer à partir de l’application mobile SharkClean, offerte sur Android et iOS, et le relier à l’internet.

On ramasse tout ce qui traîne au rez-de-chaussée, surtout les câbles dans lesquels ces robots ont tendance à s’entortiller, et on espace les meubles le mieux possible pour que notre aspirateur de 32 cm de diamètre, de 9 cm de haut, puisse se faufiler partout.

On le démarre ensuite en appuyant sur le bouton Nettoyer dans l’application ou sur le bouton physique sur le dessus de l’aspirateur.

Première évidence : il est beaucoup plus silencieux qu’un Roomba, avec deux petites brosses latérales qui tournent plus lentement. Il lui faut environ une quarantaine de minutes pour nettoyer une grande pièce double de 25 mètres carrés, ce qui lui prend 75 % de sa pile rechargeable. Et il aspire bien, pas de doute, passant deux ou trois fois à certains endroits, ramassant sans faillir poils de chat, cheveux et poussière, se cognant aux pattes et tentant par tous les moyens de passer partout.

Nous l’avons même fait passer sur un plancher saupoudré de farine, qu’il a entièrement avalée.

Il a une drôle de manie : il revient vers sa base après 30 minutes, se vide et relance son ménage. Nous pensions qu’il s’agissait d’un bogue, mais une relecture du manuel d’instructions nous a permis de constater que c’était voulu par ses concepteurs, afin de ne pas faire déborder son petit bac.

Évidemment, il reste toujours des recoins auxquels il n’a pas accès, et il ne pourra passer par des endroits trop étroits, entre deux chaises collées ou entre une table et un meuble trop près l’un de l’autre. Mais toutes les parties centrales, celles qui sont bien visibles, sont propres après son passage.

Un humain avec un aspirateur non intelligent ou un balai ferait plus vite et mieux. Mais il aurait à le faire ; là est tout le charme d’un aspirateur robot.

Dans la boîte, on dispose d’une bande de caoutchouc d’environ deux mètres qu’on peut disposer autour des endroits où on ne veut pas que le robot passe. Il viendra tout simplement s’y cogner et rebroussera chemin.

Après son ouvrage, le brave petit robot se dirige tout seul et assez laborieusement vers sa base – il lui faut quelques minutes pour bien s’aligner et s’y amarrer. Il va alors se vider dans un réservoir sans sac, suffisant pour une bonne dizaine de ménages, et se remettre sur les bornes pour la recharge. Le seul entretien consiste à vider de temps et temps le grand réservoir, à débarrasser brosses et roues de l’aspirateur des cheveux et des poils qui s’y sont enroulés et à changer le filtre tous les six mois.

Après trois ou quatre ménages, le petit robot génère une carte des pièces. On peut alors lui ordonner dans l’application de ne nettoyer qu’une seule pièce ou le programmer pour qu’il le fasse à une heure précise.

On aime moins

Tout ce qui tourne autour de l’application et de la connexion est irritant, et plutôt décevant pour un produit vendu tout de même 599,99 $.

Par quoi commence-t-on ? On nous promet sur la boîte qu’on peut contrôler le Shark IQ par la voix, avec Alexa ou l’Assistant Google, mais c’est totalement impossible. On ne retrouve tout simplement pas la « skill » Shark pour Alexa, et il n’y a aucun compte Shark qu’on peut configurer pour Google. Informé de ce problème, le technicien chez Shark nous a cavalièrement suggéré de nous plaindre à Amazon et à Google. Bien oui.

Ce ne serait pas si grave si l’application elle-même n’était pas terriblement boguée. Au moment d’écrire ces lignes, il était toujours impossible de se connecter au robot depuis plusieurs heures, même après l’avoir redémarré. Nous l’avons réinitialisé, effacé de notre compte, nous avons tenté de le connecter avec trois appareils différents iOS et Android, en vain. Le robot aspirateur ne communiquait plus.

SAISIE D’ÉCRAN LA PRESSE

Petit pépin avec le robot

Il faut souvent trois ou quatre tentatives pour s’identifier sur son compte Shark. Sur iOS ou Android, on tombe très souvent sur des codes d’erreur dans l’application, par exemple en allant dans les cartes interactives.

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Un des nombreux codes d’erreur apparaissant dans l’application mobile Shark Clean

Un grand ménage dans l’informatique chez Shark s’imposerait.

On achète ?

Grave dilemme ici. On a un aspirateur robot qui fait plutôt bien sa tâche principale : éliminer de façon satisfaisante les saletés sur le plancher. Si on se contente d’appuyer sur son bouton physique, tout va bien.

Certains utilisateurs qui ne sont pas trop enthousiastes à l’idée de dépenser 200 $ de plus pour le Roomba i7+ peuvent y trouver leur compte.

Mais nous sommes ici dans une rubrique techno, pas dans le cahier Maison, et l’aspect logiciel est manifestement déficient avec le Shark IQ RV1000s. Impossible de recommander cet achat. Mais on reconnaît qu’il fait bien le ménage.

Shark IQ Robot RV1000s

Fabricant : Shark
Prix : 599,99 $
Note : 2 sur 5