Le PDG de Rogers soutient que la décision de présenter de concert avec Altice une offre hostile pour acheter Cogeco et sa principale filiale est motivée par l’ampleur des investissements liés au développement des réseaux 5G.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

C’est ce que Joe Natale a affirmé mardi matin au cours d’une conférence sur les médias et les télécoms organisée par BMO.

« Ça peut sembler extrême, mais c’est simplement parce que nous arrivons à un moment critique de l’histoire de notre industrie au pays », a-t-il dit.

« Nous sommes à la première étape de ce que j’appellerais le plus important cycle générationnel en technologies et capacité réseau. Vous m’avez entendu dans le passé parler de l’impact que le 5G aura sur chaque industrie et comment ça alimentera l’innovation. Nous avons déjà discuté de l’importance de la connectivité. »

Joe Natale ajoute que maintenant plus que jamais, nous le voyons avec la Covid, et en particulier pour les citoyens des régions rurales au Canada et au Québec.

« Ça prendra des milliards de dollars en investissements au cours des cinq à 10 prochaines années pour offrir une connectivité de premier plan aux Canadiens. D’autant plus important en ce moment dans le contexte d’une reprise économique. Nous tentons d’établir ce partenariat avec le Québec, avec l’Ontario et toutes les provinces afin de voir qu’elle est la meilleure approche pour jouer un rôle dans l’innovation et bâtir cette infrastructure de communications. »

Le PDG précise que la haute direction de Rogers se pose donc une question « fondamentale » : est-ce que nos plans incluent Cogeco ou pas ? « C’est une question qu’on s’est assurément posée au fil des ans et je ne voudrais pas rater ce cycle d’investissement technologique sans avoir répondu à cette question. »

Il rappelle que Rogers détient depuis longtemps la plus grosse participation dans Cogeco (intérêt combiné de 33 % dans Cogeco et sa principale filiale).

Questionné sur la suite des choses, Joe Natale n’a pas voulu dire quelle stratégie Rogers et Altice emprunteraient. « Nous sommes patients. Comme vous avez entendu nos partenaires chez Altice le dire, c’est un marathon et non un sprint », a-t-il rappelé.

Un rapport sur la 5G publié ce mois-ci par BMO et obtenu par La Presse souligne que le 5G est un « marathon, mais néanmoins une course ». L’étude indique que la taille à une importance et que Cogeco et les petits câblodistributeurs indépendants sont à risque.

« Il semble que BCE, Rogers et Telus sont matériellement mieux positionnés pour le 5G que les opérateurs régionaux (Québecor et Shaw) et certainement mieux que n’importe quel fournisseur de service exploitant de réseau mobile virtuel (Cogeco). »

Plus tôt ce mois-ci, Rogers et Altice ont présenté une offre hostile d’une valeur de 10,3 milliards de dollars pour acquérir Cogeco et Cogeco Communications. Cette proposition a rapidement été rejetée par le conseil d’administration et la famille Audet, actionnaire de contrôle.

Si Altice et Rogers devaient parvenir à réaliser la transaction, Altice conserverait les activités américaines de Cogeco et Rogers garderait les activités canadiennes.