(Washington) Twitter – le réseau social favori de Donald Trump – a précisé mardi les limites à ne pas dépasser y compris pour les grands de ce monde, qui a l’instar du président américain s’y expriment parfois sans retenue.

Agence France-Presse

De manière générale, la philosophie de Twitter est d’être extrêmement permissif envers les chefs d’État et de gouvernement et autres hauts responsables dans le but « de fournir un forum qui permet de s’informer et d’interpeller directement » ces dirigeants.

Le réseau est souvent critiqué pour ne pas appliquer à ces responsables les mêmes règles qui régissent le commun des mortels. C’est particulièrement vrai aux États-Unis où un certains nombre de tweets de Donald Trump, s’ils étaient le fait d’un citoyen lambda, seraient probablement supprimés par le réseaux social.  

Mais pour autant tout n’est pas permis, explique Twitter dans un blogue. « Nous voulons dire très clairement que les comptes des dirigeants mondiaux ne sont pas totalement au-dessus de notre règlement ».

Twitter voit six domaines qui, s’ils sont enfreints, mèneront automatiquement à une sanction allant au-delà d’une simple notice, qui masque le tweet en donnant du contexte sur la violation commise, mais qui permet de continuer à le lire.

Sur la liste des interdits du réseau social : la promotion du terrorisme, des menaces directes de violences contre un individu (mais Twitter souligne que le contexte reste important), la publication d’informations privées comme une adresse de résidence ou un numéro de téléphone privés, la publication de photos ou vidéos intimes sans le consentement du sujet, tout comportement ayant un lien avec l’exploitation sexuelle des enfants et tout encouragement à se faire du mal.

Twitter souligne la difficulté à manier les questions de censure. « Ce sont des défis qui sont en évolution permanente et nous continuons à revoir nos règles, en particulier au fur et à mesure que nous en apprenons plus sur le lien entre les tweets de dirigeants mondiaux et le mal qu’ils peuvent faire hors-ligne ».

La tâche du réseau est encore rendue plus difficile aux États-Unis, où le parti du président accuse les réseaux sociaux en général de favoriser les démocrates au détriment des républicains. Donald Trump lui-même n’hésite pas à s’en prendre à Twitter, en tweetant.

Le débat sur ce qui est permis ou non est récurrent et Facebook s’est vu critiqué récemment pour avoir autorisé – et ensuite refusé de supprimer – une publicité politique de la campagne pour la réélection de Donald Trump qui contenait des attaques mensongères.

Elizabeth Warren, qui fait la course en tête dans les sondages à l’investiture démocrate et qui attaque ouvertement Facebook, qu’elle juge beaucoup trop puissant et influent, a acheté sa propre publicité politique dans laquelle elle affirme – tout en sachant que c’est faux – que Facebook et Mark Zuckerberg ont apporté leur soutien au candidat Trump.

Facebook a indiqué que comme les chaînes de télévision, elle ne censure pas les messages politiques.  

« Nous pensons qu’il vaut mieux que ce soient les électeurs qui décident plutôt que des entreprises », a expliqué le premier réseau social au monde.