L’innovation : Un logiciel infonuagique peu coûteux utilisé par des promoteurs et des locateurs pour présenter, sur leur propre site web, les plans, superficies, prix et images de leurs unités d’habitation.

Publié le 13 juin
Karim Benessaieh
Karim Benessaieh La Presse

Qui ?

Laurent Cardinal est un jeune bachelier en études de la communication et des médias de l’Université de Montréal. Il est associé principal à l’agence immobilière SIX, spécialisée dans la vente de projets résidentiels neufs, depuis 2014. En janvier 2018, il a l’idée d’un « visualisateur de plans » d’un nouveau genre, un projet appelé Planpoint pour lequel il recrute ses deux associés chez SIX, Félix Cotte et Elian Sanchez. M. Cardinal en est aujourd’hui le principal dirigeant à temps plein, tandis que MM. Cotte et Sanchez s’occupent du marketing, des finances et des ventes.

Après 20 mois de préparatifs, Planpoint est sur le marché depuis mars dernier.

Le produit

À titre de vice-président des opérations chez SIX, une agence qui gère présentement 16 projets immobiliers comprenant entre 17 et 620 unités, de Laval à Varennes en passant par Griffintown, Laurent Cardinal recourait à ce qu’on appelle des « visualisateurs de plans ». Ces outils permettent à la base à des acheteurs ou des locataires potentiels de télécharger les plans des unités qui les intéressent.

M. Cardinal était loin d’être satisfait des logiciels offerts sur le marché. « Je n’étais plus capable. Ils n’étaient pas autonomes, coûtaient très cher et étaient difficiles à utiliser. Ça représentait trop de problèmes de les utiliser. »

Il veut alors concevoir son propre système qui va répondre à ses besoins et, en même temps, à ceux des promoteurs qui ont des unités à vendre ou des propriétaires qui cherchent des locataires.

Ainsi naît Planpoint, dont la première caractéristique est d’être infonuagique. Pour une somme mensuelle allant de 69 $ US à 139 $ US par projet, le promoteur ou le locateur peut gérer lui-même son parc immobilier avec toutes les caractéristiques qu’il souhaite préciser. Planpoint est personnalisable et peut être connecté à des logiciels de gestion de la clientèle, appelés CRM en anglais pour « Customer Relationship Management ».

Superficie, disponibilité des unités, prix, plans, précisions sur ce qui est inclus, photos et visites 3D, variantes de couleurs offertes, à peu près tout peut être stocké dans Planpoint et présenté dans des pages web claires, avec critères de recherche, classement et recommandations pour des unités similaires et envoi de messages. Ces pages sont intégrées au site du promoteur ou du locateur, qui n’a presque pas de programmation ou de travail graphique à effectuer.

Planpoint compte aujourd’hui une cinquantaine de clients, notamment Samcon, Plan A et Bertone dans la grande région montréalaise, la majorité offrant des unités locatives.

Les défis

Pour une plateforme infonuagique qui ne compte que trois employés, le principal défi est technologique. Dans un premier temps, il faut que les pages générées par Planpoint soient intégrées aux sites web des clients. « Il y a une infinité de technologies, explique Laurent Cardinal. Et il faut que ça fonctionne sur tout, téléphones mobiles, tablettes, ordinateurs. Tout ça a pris beaucoup de temps. »

À l’autre bout de la chaîne, Planpoint doit être compatible avec les logiciels de gestion de ses clients, ces « CRM », dont il existe plusieurs variantes. L’intégration avec un des plus connus, celui de Salesforce, est terminée. Pour d’autres outils populaires, comme Upperbee et Building Stack, « il reste du travail à faire ».

L’avenir

Si la majorité des clients utilisent surtout Planpoint pour la location, M. Cardinal s’attend à un virage vers la vente. « Il y a trop de projets locatifs, les promoteurs font plutôt des projets de condos en ce moment. »

Un logiciel infonuagique à bon prix comme Planpoint, « ça ne fonctionne qu’au volume », précise M. Cardinal. Les deux prochaines années seront donc consacrées à recruter le plus de clients possible au Québec, au Canada, puis aux États-Unis.

À plus long terme, d’ici cinq à dix ans, il faut rester à l’affût des innovations technologiques qui apparaîtront. « Entre autres, ce qui s’en vient à l’horizon et qui a l’air intéressant, ce sont de nouvelles technologies qui permettront de créer des environnements 3D automatiquement. Actuellement, ça coûte extrêmement cher. »