Chaque lundi, nous vous présentons une entreprise qui innove.

L’innovation

« Un Guide Michelin démocratisé ». Ou même plus : « Une sorte de concierge sur le speed ». C’est de cette façon qu’Élise Tastet qualifie l’application qu’elle vient tout juste de mettre au point. Tastet+ permet de dénicher un restaurant selon l’endroit où l’on se trouve : du petit boui-boui de quartier à la grande table en passant par la crèmerie. Type de nourriture, ambiance, prix du repas, elle a voulu créer un outil dont plus personne ne pourra se passer.

L’histoire

Élise Tastet est fondatrice d’une plateforme qui porte son nom. Depuis 10 ans, quelque trois millions d’utilisateurs consultent annuellement son site qui évalue des restaurants, des cafés, des bars, un peu partout à travers le Québec, et donne son appréciation à leur sujet. On y trouve également des nouvelles concernant le monde de la restauration.

Fille du critique culinaire Jean-Philippe Tastet, la jeune femme a, de son propre aveu, pratiquement été élevée dans les salles à manger et les cuisines de restaurants. Très à l’écoute des besoins des internautes qui consultent son site, elle a tôt fait de remarquer que ceux-ci étaient sans cesse à la recherche de recommandations sous forme de véritable service de conciergerie.

« Plusieurs me disaient que quand ils cherchaient un resto de lunch au coin de la rue pour y amener un client, ils avaient du mal à trouver rapidement », raconte-t-elle au bout du fil. Et de là est née l’idée de mettre au point Tastet+, un projet sur lequel elle a planché pendant quatre ans.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

L’application Tastet+

En téléchargeant l’application payante, les utilisateurs sont géolocalisés et peuvent repérer sur une carte les restaurants à proximité qui ont été évalués par l’équipe de Tastet. Pour chaque établissement, on trouve une brève description des lieux, ce qu’on y sert, le nombre de places, le type d’ambiance, le meilleur moment de la journée pour y aller, à qui ça s’adresse, la fourchette de prix…

Information importante : aucun restaurateur ne peut payer pour se retrouver dans le répertoire, insiste la femme d’affaires. Tastet paie les repas des évaluateurs qui s’attablent dans les différents établissements.

« Tu ne peux pas me donner d’argent pour être recommandé. On envoie des gens et ils évaluent le restaurant selon une grille. L’idée, c’est d’essayer d’envoyer le bon consommateur à la bonne place. »

Pour le moment, plus de 1000 adresses ont été répertoriées au Québec, au Canada et à Paris. Depuis le lancement, il y a deux semaines, Tastet+ compte plus de 6000 téléchargements.

L’avenir

Au cours des prochains mois, des restaurants d’autres villes à travers le monde s’ajouteront sur l’application. Très bientôt également, « les gens pourront créer leur profil de goût ». Et grâce à un algorithme, ils recevront des recommandations personnalisées. « Par exemple, si tu aimes le restaurant le Monarque à Montréal, voici une adresse que tu peux aimer à Paris. »

Les gourmets qui n’aiment pas faire la queue avant de pouvoir espérer se faire servir un repas ne recevront pas de recommandations pour des établissements reconnus pour leurs longues files d’attente. Et ceux qui aiment manger des plats variés ne seront pas guidés vers des endroits où le menu ne change jamais.

Élise Tastet souhaite que son application puisse même un jour guider les utilisateurs à travers un parcours gourmand.

La femme d’affaires a également l’intention de vendre sa technologie « en marque blanche » à des entreprises comme des hôtels ou des compagnies aériennes. À Montréal, le Ritz-Carlton vient tout juste de signer comme premier client.

« À partir de juillet, les utilisateurs de l’hôtel pourront consulter une carte interactive aux couleurs du Ritz, adaptée à leurs besoins spécifiques : 250 adresses choisies, les restaurants du Ritz mis de l’avant en premier, filtre “recommandé par les concierges du Ritz”…

« Je veux que cet outil-là devienne tellement pratique pour les utilisateurs qu’ils ne puissent plus s’en passer pour voyager. »