L’avenue semblait pourtant congestionnée, mais ils s’y sont engagés sans hésitation.

Les frères Mohammed et Driss Jamiloun viennent de lancer l’application mobile Imoove pour le transport de personnes, qui met directement en lien clients et chauffeurs.

Or, tout aussi directement, Imoove entre en concurrence avec les compagnies de taxis traditionnelles et les Uber de ce monde.

Les deux entrepreneurs savaient néanmoins quelle voie cahoteuse ils empruntaient : ils ont été chauffeurs de taxi eux-mêmes et ont parcouru les planches à laver urbaines de Montréal.

« On voulait vraiment offrir une option économique aux Québécois, explique Driss Jamiloun. Et en même temps, on voulait trouver une solution permettant aux chauffeurs de gagner davantage d’argent. »

L’application Imoove a été lancée le 6 juin à Montréal, mais elle avait fait l’objet de tests depuis février dans la région de Lanaudière.

« On a commencé avec 2 ou 3 voitures, puis 10, puis 15… », décrit Driss Jamiloun.

À peine deux semaines après son lancement officiel, 500 chauffeurs se sont déjà inscrits. « Les inscriptions, ça n’arrête pas ! », s’étonne et se réjouit l’entrepreneur.

L’itinéraire

L’objectif initial était pourtant modeste.

« Au début, c’était juste pour répondre aux besoins d’une compagnie de taxi traditionnelle, que je possède encore », relate Driss Jamiloun.

Le chauffeur de taxi montréalais avait réagi aux bouleversements provoqués par Uber en créant en 2020 sa propre compagnie régionale, Taxi des Moulins, qui dessert principalement le sud-ouest de Lanaudière.

L’entreprise a compté jusqu’à une quinzaine de voitures, mais la dure réalité technologique l’a rattrapée, là aussi.

« C’est pourquoi on a essayé de faire quelque chose qui n’existe pas encore ici au Québec, c’est-à-dire de réunir l’industrie du taxi traditionnelle avec une application innovante », indique-t-il. « On a décidé de lancer un nouveau modèle d’affaires, avec un tarif plus bas qu’un taxi. »

Justement, Driss Jamiloun avait été développeur Java. L’application qu’il avait en tête a été mise au point avec l’aide de consultants.

Pour les clients qui voudront monter à bord, Imoove, téléchargeable sur App Store ou Google Play, présente trois principaux avantages, énumère-t-il.

S’il le désire, le passager peut payer comptant à bord du véhicule plutôt qu’avec une carte bancaire ou de crédit sur l’application.

« Notre tarification est basée sur le kilométrage et l’attente », ajoute-t-il.

Contrairement à une application bien connue, « on n’a pas une tarification dynamique basée sur l’offre et la demande, fait-il valoir. Nos prix sont constants et stables ».

Il n’y a pas de frais pour la réservation ou l’annulation. « Par exemple, vous réservez aujourd’hui un taxi pour demain, et vous pouvez, cinq minutes avant l’heure, annuler, sans aucuns frais. »

Les chauffeurs y trouvent aussi leur compte, souligne l’entrepreneur. « On demande une commission vraiment avantageuse pour les chauffeurs. On prend juste 10 %. »

Les chauffeurs fournissent leur propre véhicule, qui ne doit pas avoir plus de sept ou huit ans d’âge, selon son état. La vérification s’effectue en ligne.

« Le chauffeur partenaire doit nous envoyer tous les documents nécessaires tels qu’une inspection mécanique, précise le cofondateur d’Imoove. On demande quelquefois des photos du véhicule, le kilométrage sur l’odomètre, pour s’assurer que c’est le bon véhicule et qu’il respecte tous les règlements du Québec. »

On a un département de qualité qui vérifie par exemple que tous les chauffeurs ont leur permis de chauffeurs, de transport rémunéré et n’ont pas d’antécédents judiciaires, pour la sécurité de nos passagers.

Dress Jamiloun, cofondateur de Imoove

Un centre d’appels local fournit un soutien technique. L’entreprise, dont le siège social est à Terrebonne, rémunère une dizaine de personnes.

« Bientôt, on doit ouvrir une autre succursale à Montréal pour faciliter le contact avec les chauffeurs partenaires », informe M. Jamiloun.

Pour l’instant, le service couvre le Grand Montréal, mais en fonction du succès, il pourrait rapidement être étendu à d’autres régions.

La course s’entame à peine.

Annexair prend de l’expansion

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Un investissement de 30 millions de dollars permettra d’ajoutera 14 000 m2 à l’usine d’Annexair à Saint-Germain-de-Grantham,
pour faire passer sa superficie à 46 500 m2. L’entreprise réalise l’immense majorité de ses ventes commerciales aux États-Unis.

Le fabricant de systèmes de chauffage, ventilation et climatisation (CVC) Annexair gonfle ses investissements, et par conséquent ses installations. Son propriétaire François Lemieux a annoncé un investissement de 30 millions de dollars pour l’agrandissement de ses bâtiments de Saint-Germain-de-Grantham, où l’entreprise a déménagé en 2019. L’usine sera soufflée de 14 000 m⁠2 supplémentaires, pour faire passer sa superficie totale à 46 500 m⁠2. Elle comptera alors parmi les plus grands bâtiments industriels du Québec, soutient l’entreprise. L’investissement inclut également l’achat de nouveaux équipements de production « à la fine pointe de la technologie », sans que cette fine pointe fasse éclater le budget. Les travaux doivent débuter sous peu pour se terminer en juin 2025. François Lemieux prévoit produire près de 140 millions en systèmes CVC en 2024 et entrevoit déjà effleurer les 200 millions en 2026.

Transtex acquiert DClimate

IMAGE FOURNIE PAR TRANSTEX

Le fabricant d’appendices aérodynamiques pour les camions semi-remorques TRANSTEX vient d’acquérir DClimate, un manufacturier américain de groupes auxiliaires de puissance électriques (GAP).

Le fabricant d’appendices aérodynamiques pour les camions semi-remorques Transtex vient d’acquérir DClimate, un fabricant américain de groupes auxiliaires de puissance électriques (GAP). Les GAP de DClimate combinent des modules de chauffage, ventilation et climatisation (CVC) à haut rendement avec un système breveté de gestion de la batterie et de recharge rapide. Ils réduisent le besoin de faire tourner le moteur au ralenti lorsque le camion est garé et son chauffeur est au repos. « Nous croyons fermement que les APU [GAP] de DClimate ont le potentiel de devenir la norme de l’industrie », a indiqué par communiqué Mathieu Boivin, chef de la direction de Transtex fondée à Montréal en 2005. L’entreprise a déplacé ses activités de fabrication en Indiana en 2012 pour se rapprocher de son marché stratégique. « Notre production est basée à Indianapolis, mais notre siège social principal pour la prise de décision est à Montréal, où se trouvent nos services d’ingénierie, de finance, de ressources humaines, de marketing, de qualité et de gestion », a expliqué par courriel Kristy Pealow, vice-présidente, marchés internationaux.

VINCI Construction acquiert EMF

PHOTO TIRÉE DU SITE D’EXCAVATIONS MARCHAND ET FILS (EMF)

Une usine de fabrication de béton d’EMF. La société française VINCI Construction a annoncé le 5 mai dernier l’acquisition de l’entreprise québécoise de travaux de génie civil.

La société française VINCI Construction a annoncé l’acquisition des Entreprises Marchand & Frères (EMF), entreprise québécoise de travaux de génie civil, dans le cadre d’un renforcement de ses activités routières en Amérique du Nord. Mieux connue sous le nom de sa principale entité, Excavations Marchand et Fils, l’entreprise de Victoriaville a été fondée en 1974 par Claude Marchand. Ses fils Jean, Jacques et Yves lui avaient succédé, avant qu’une troisième génération contribue à son tour à l’entreprise. Selon VINCI, EMF emploie 220 personnes et a réalisé en 2023 un chiffre d’affaires de 74 millions de dollars. EMF présente à ses yeux l’avantage d’une intégration verticale, avec trois usines d’enrobés, neuf carrières et deux sablières. Présente depuis plus de 20 ans au Québec, VINCI veut ainsi préparer la voie à une densification de son réseau d’entreprises dans la province.

LE CHIFFRE

17 millions

Mondata a clôturé un tour de financement de 17 millions de dollars dirigé par le Fonds de solidarité FTQ avec la participation du Mouvement Desjardins. Ces fonds lui permettront notamment de faire le lancement à grande échelle de « Cybersécurité Proactive », un nouveau produit qui responsabilise les utilisateurs à l’égard de la cybersécurité.