L’industrie québécoise du plastique se dote d’un lexique commun en français, qui aura des effets bénéfiques jusque dans la productivité.

Publié le 13 déc. 2021
Marc Tison
Marc Tison La Presse

Une carotte n’est pas un légume.

Dans l’industrie du plastique, il s’agit plutôt d’un « rebut plastique qui se forme à chaque cycle dans le canal d’injection de l’outillage ».

En anglais : sprue.

C’est ce que nous apprend le dictionnaire de la plasturgie en cours d’élaboration par l’Alliance Polymères Québec – un regroupement d’entreprises du secteur du plastique, des matériaux composites et de la fabrication des moules et de l’outillage.

À l’automne 2020, l’Office québécois de la langue française (OQLF) avait informé Polymères Québec de l’existence de son programme de promotion du français, dont l’un des volets vise à favoriser la connaissance et l’utilisation d’une terminologie française propre à un domaine d’activité.

« Je vais être honnête avec vous, ce n’est pas quelque chose qu’on surveillait, indique Simon Chrétien, directeur général de l’Alliance. On est beaucoup dans le développement des ventes et des marchés, l’innovation, la protection de l’environnement. Le français, ce n’est pas quelque chose qu’on avait sur le radar. »

Le conseil d’administration de l’organisme, essentiellement constitué d’entreprises, a cependant reconnu l’intérêt de la démarche.

« Au-delà de la langue, ça amène d’autres avantages, explique-t-il. De pouvoir uniformiser les terminologies, de pouvoir outiller les entreprises avec des outils adéquats de communication en français, d’avoir une plateforme de communication en français, tout ça crée un paquet d’opportunités. C’était intéressant et on a bâti un projet qui a été approuvé avec intérêt par l’Office. »

Une entente de deux ans a été signée en janvier 2021, assortie d’une subvention de 300 000 $ pour un projet d’un coût total de 400 000 $.

Polymères Québec a retenu les services d’un spécialiste du vocabulaire technique et d’une traductrice-réviseuse qui se sont attaqués à l’élaboration d’un lexique de 500 termes.

Presque un an plus tard, 150 définitions ont été rédigées.

Quelque 350 autres sont à venir.

« Nous avons choisi des termes qui sont fréquemment utilisés dans l’industrie et qui vont servir au plus grand nombre d’utilisateurs. Ce sont aussi des termes qui sont souvent utilisés dans leur version anglaise », explique Simon Chrétien.

L’organisme a privilégié des termes qui n’étaient pas déjà inclus dans le Grand Dictionnaire terminologique de l’OQLF.

« Non seulement c’est un outil qu’on va diffuser et rendre accessible aux entreprises via nos outils de communication, mais les définitions seront envoyées aussi à l’OQLF pour bonifier son dictionnaire, avec les équivalents anglais et des illustrations », dit-il.

Des entreprises du secteur sont appelées à réviser la nomenclature et à faire part de leurs commentaires tout au long du projet, pour s’assurer que le lexique correspond bien à leur réalité.

Changement de culture

Le deuxième volet du projet prévoit la mise sur pied d’une plateforme de communication en français afin de créer un « genre de réseau social » pour l’industrie québécoise du plastique.

Elle proposera aux entreprises des gabarits de documents et outils de travail en français.

Ce projet « va aider à uniformiser la terminologie utilisée, surtout qu’on a de plus en plus de main-d’œuvre immigrante dans l’industrie », constate le directeur général.

Un vocabulaire uniforme et reconnu « devrait faciliter le travail et améliorer d’une certaine façon la productivité de l’entreprise, en répandant les bons termes et en facilitant la compréhension ».

Dans leur état intermédiaire, la plateforme et son dictionnaire sont testés par de petits groupes de gens de l’industrie, dans l’objectif d’un lancement en septembre 2022.

Reste à savoir comment l’initiative sera accueillie par les principaux intéressés.

« Si les entreprises membres du conseil d’administration ont accepté le projet, c’est qu’il y a un intérêt, soutient Simon Chrétien. Mais je ne vous cacherai pas qu’ils ne sont pas en train de dire que c’est ce qui va sauver notre industrie. Cependant, ils voient ça d’un bon œil. On crée un outil qui va perdurer et qui va graduellement changer les paradigmes, changer la culture, changer les façons de faire. C’est un investissement sur le long terme. »

Soulignons enfin que la thixotropie est la « diminution de la viscosité apparente dans le temps, sous l’effet de la contrainte de cisaillement, suivie d’une récupération progressive après le retrait de la contrainte ».

Ce dictionnaire sera indéniablement utile.

Alvéole essaime dans 17 nouvelles villes

PHOTO SAGE SZKABARNICKI-STUART, FOURNIE PAR ALVÉOLE

L’entreprise d’apiculture urbaine Alvéole butine désormais dans 12 nouvelles grandes villes nord-américaines et cinq européennes.

L’entreprise d’apiculture urbaine Alvéole butine désormais dans 12 nouvelles grandes villes nord-américaines et cinq européennes. Ces nouvelles destinations apicoles doublent presque le nombre des 21 villes déjà desservies par Alvéole. Les ruches feront leur arrivée dans les villes canadiennes d’Halifax, Kitchener/Waterloo et Victoria. Les villes de Boston, Baltimore, Pittsburgh, Atlanta, Charlotte, Nashville, Minneapolis, Phoenix et Sacramento s’ajouteront à la douzaine déjà desservies aux États-Unis. En Europe, Amsterdam, Bruxelles, Francfort, Londres et Berlin se joindront à Paris. Les ruches sont gérées par Alvéole, qui cherche également à faire fleurir des activités de sensibilisation autour de ses installations, avec des conférences, animations et ateliers éducatifs. À raison de 50 000 locataires par ruche, les abeilles contribuent à la pollinisation de leur quartier dans un rayon de 5 km. Alvéole a été fondée en 2013 à Montréal par Alex McLean, Étienne Lapierre et Declan Rankin Jardin. L’entreprise gère environ 3400 ruches en Amérique du Nord et en Europe. La plupart sont installées sur les toits ou dans les cours de près de 600 entreprises, écoles et organisations.

Le Groupe Canva acquiert une entreprise de Winnipeg

Le groupe Canva, une société québécoise de portefeuille dans le domaine « de l’identification et des communications visuelles », a identifié la firme Intergraphics Decal de Winnipeg et en a fait l’acquisition. Bien établie au Manitoba, la société Intergraphics Decal servira de base stratégique pour les clients du Groupe Canva dans l’Ouest canadien et le Midwest américain, a informé son président Hugo Leclair. Spécialisé dans les services clés en main reliés à la sérigraphie, la lithographie et l’impression numérique, le groupe compte désormais 350 employés. La nouvelle acquisition fait croître son chiffre d’affaires de 25 %. Au cours des trois dernières années, Canva a vu son chiffre d’affaires tripler, notamment durant la pandémie. Les secteurs agroalimentaire, pharmaceutique, de la quincaillerie et des véhicules récréatifs ont été particulièrement actifs. Le Groupe Canva est issu du regroupement de 12 entreprises acquises depuis 2008. L’entreprise fait affaire aujourd’hui sous cinq marques : Décalcomanie Artistic (Montréal), Flash Grafix (Laval), Idenco Canada (Boucherville), Mirazed (Saint-Hubert) et maintenant Intergraphics (Winnipeg). Elle compte quelque 5000 clients au Canada, aux États-Unis et au Mexique.

Le chiffre

61 %

C’est la désolante proportion d’entreprises canadiennes qui ont vécu un cyberincident, révèle un récent sondage sur la cybersécurité mené par le Centre canadien pour la cybersécurité et le Regroupement national de perspectives des chambres (NCIC). Pire : les trois quarts d’entre elles ne l’ont pas dénoncé.