Au salon de l’American Public Transportation Association, tenu à Orlando durant la semaine du 8 novembre, la technologie lumineuse de l’entreprise québécoise In A Blink (en un clin d’œil) a fait écarquiller les yeux, d’autant plus qu’elle est invisible.

Marc Tison
Marc Tison La Presse

La petite firme québécoise y a présenté pour la première fois son système de transmission de données entre les véhicules et les serveurs des sociétés de transports en commun, doté d’un procédé de communication quantique qu’elle estime être 50 fois plus rapide que les systèmes courants.

Il répond à un problème qui prend de plus en plus d’importance. « Les bus et les trains sont des véhicules hyper intelligents, même si on ne le sait pas. Ils sont bourrés d’informatique et ces systèmes récoltent des tonnes d’information », observe Éric Garzon, président d’In A Blink et son cofondateur avec Réal Barrière.

Ces véhicules sont équipés de caméras de surveillance, de dispositifs de sécurité, de systèmes de diagnostic…

« La taille de l’enregistrement est inquiétante, dit-il. Aujourd’hui, il est facile de recueillir de 50 à 100 gigaoctets par jour par véhicule. Il n’y a aucun moyen sans fil de transmettre autant de données. »

C’est pour résoudre ce dilemme qu’In A Blink a été fondée en 2019 à Pointe-Claire par « deux experts vétérans de l’industrie qui, au lieu de créer leur jeune pousse à 30 ans, ont fait leur start-up après 30 ans de carrière », décrit Éric Garzon.

L’entreprise, qui compte quatre personnes, s’est entourée d’une dizaine de firmes et consultants spécialisés pour mettre au point son système de transmission par « fibre optique virtuelle », basé sur la photonique plutôt que sur les radiofréquences.

« En deux mots, on transmet les données par la lumière, et on fait ça 150 fois plus vite que par le WiFi », décrit Éric Garzon. « C’est votre télécommande sur stéroïdes ! »

La technologie In A Blink peut transmettre 1,5 gigaoctet par seconde, « 15 fois plus vite que le plus rapide sur le marché aujourd’hui », assure le président de l’entreprise.

Le premier prototype, assemblé en octobre 2020, a été testé par le Réseau de transport de la Capitale à Québec.

Grands yeux et bouche bée

Éric Garzon était revenu la veille du salon d’Orlando, qui a constitué une étape « critique » pour l’entreprise. « C’était une validation. Ça fait des mois qu’on attend de pouvoir sortir du trou à cause du COVID. »

Le stand d’In A Blink, où deux antennes étaient en communication, a été visité par les représentants de sociétés de transport et de constructeurs de véhicules, et par « des gens qui nous perçoivent comme des compétiteurs. Ces gens-là n’en reviennent pas, on vient de changer complètement l’équation ».

Leur langage corporel était éloquent, décrit-il, les visages passant du sourire narquois à la bouche béante à mesure qu’il faisait sa démonstration.

Le produit se présente sous la forme d’un routeur embarqué et d’une antenne optique sous boîtier, de la taille d’un dictionnaire, installée au-dessus de la porte de l’autobus.

Une antenne similaire est installée dans l’atelier. Quand l’autobus s’arrête au poste d’inspection, les données sont transmises automatiquement au serveur de l’organisation.

« L’application que nous avons développée est unique, affirme Éric Garzon. On est les seuls au monde avec ce système. »

In A Blink soutient que sa technologie procure des économies pouvant atteindre 3000 $ par véhicule.

L’entreprise prévoit lancer la production au premier trimestre 2022, pour l’essentiel en sous-traitance.

« On est en discussion avec cinq sociétés de transport en Europe, aux États-Unis et au Canada pour faire des démonstrations de validation à petite échelle », indique Éric Garzon.

L’entreprise voulait d’abord développer le marché canadien, mais les cofondateurs ont pris conscience que le besoin de transfert de données imposantes était particulièrement criant au sud de la frontière.

« Il y a aux États-Unis un gros problème de réclamations d’assurance, ce qui fait que les flux vidéo sont fondamentaux. La Ville de Chicago, par exemple, paie 60 millions de dollars par année en réclamations pour les transports en commun.

« Tout ça se résout avec un meilleur accès aux données vidéo. Et c’est ce qu’on vend comme solution. »

Chico par-ci, Chico par-là, Chico partout

PHOTO FOURNIE PAR CHICO

L’ouverture de la 60e boutique d’animaux Chico, à Québec, au début de novembre

« Ma vision, c’est d’un jour voir tout le Québec en orange. » Pierre Charbonneau ne vend pas des agrumes, mais des animaux. La chaîne Chico, dont il est le président fondateur, a annoncé le 2 novembre l’ouverture de son 60magasin rue Cartier, à Québec. Il s’agissait du 10e en un an – une augmentation de 20 %, à laquelle l’engouement pandémique pour les animaux de compagnie n’est sans doute pas étranger. La chaîne avait atteint la borne des 50 boutiques en octobre 2020. Ça ne s’est pas arrêté là. Le 4 novembre, l’atterrissage de sa 61boutique s’est effectué à Contrecœur, quoique dans l’allégresse. Le 8 novembre, un 62magasin se faisait une niche à Anjou. Huit ententes supplémentaires sont déjà signées, ce qui portera sous peu le total à 70 boutiques, toutes franchisées. Le magasin original avait ouvert ses portes dans Hochelaga en 1985. Une première franchise avait été accordée en 2007. Elles se sont depuis multipliées comme des lapins.

Les PME aussi peuvent vendre des crédits carbone

La vertu environnementale peut être récompensée, même chez les plus petites entreprises. Une somme de près de 300 000 $ a été redistribuée aux 74 PME et organisations québécoises qui ont participé au projet Crédits carbone SADC+CAE, une initiative des Sociétés d’aide au développement des collectivités et des Centres d’aide aux entreprises du Québec. Par l’entremise du projet, ces entreprises ont collectivement mis en vente sur le Marché volontaire du carbone (MVC) près de deux millions de crédits carbone issus de leurs efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Indépendamment, il leur aurait été difficile d’accéder à ce marché, d’abord créé pour les entreprises de bonne taille. Par exemple, MSL Fibre, une entreprise de Louiseville spécialisée en insonorisation de bâtiment, a utilisé de la biomasse urbaine destinée à l’enfouissement pour fabriquer ses panneaux de fibres de bois, dont la matière première est maintenant entièrement constituée de copeaux de bois recyclés. La vente des crédits carbone lui a procuré près de 10 000 $.

HALEO veut endormir les Américains

La clinique HALEO, spécialisée dans les troubles du sommeil, ne s’endort pas sur ses lauriers. Après s’être rapidement fait un lit dans le marché canadien, HALEO a annoncé le lancement de ses solutions de soins virtuels du sommeil aux États-Unis. L’entreprise offre sur application mobile une « version brève de la thérapie cognitivo-comportementale pour l’insomnie (TCC-I) ». Les patients utilisent la plateforme mobile d’HALEO pour rencontrer chaque semaine un thérapeute agréé « qui possède une formation et une expertise spécifiques dans le traitement de l’insomnie chronique ». L’entreprise montréalaise a été fondée en 2015 par Bradley Smith.

Le chiffre

46 %

Près de la moitié (46 %) des petites entreprises canadiennes (moins de 100 salariés) qui trouvaient difficile de trouver et retenir des talents ont augmenté leurs salaires pour y parvenir. Le quart (27 %) ont amélioré leurs avantages sociaux. Une sur cinq a réduit la semaine de travail.

Sources : ADP Canada et Maru Public Opinion