Faire de l’énergie propre avec des eaux usées ?

Marc Tison
Marc Tison La Presse

Cet objectif paradoxal est une des originalités du nouveau siège social de la firme de génie civil Équipe Laurence, dont la construction vient d’être lancée à Sainte-Adèle.

Sur un terrain de 1,2 million de pieds carrés, l’entreprise prévoit ériger deux édifices de 20 000 et 15 000 pi2, qui font l’objet d’un investissement initial de 7 millions de dollars. Un troisième s’ajoutera à brève échéance.

Fondée en 1983 et présidée depuis 2017 par Alexandre Latour, un ingénieur civil de 35 ans, l’Équipe Laurence compte une centaine d’employés répartis dans sept bureaux.

Une soixantaine de personnes travailleront dans le premier édifice, dont l’ouverture est prévue au début de 2022.

Le complexe constituera ce que l’Équipe Laurence appelle ambitieusement son « campus de génie civil ».

Il ne s’agit pas d’une étiquette de marketing, assure son président.

« On va faire un bâtiment qui va être à l’image du génie civil. Nous allons faire beaucoup de tests et de recherche à même notre bâtiment et ses aménagements. »

L’un de ces tests consiste à profiter des eaux usées municipales pour chauffer et climatiser l’édifice, en partenariat avec la municipalité de Sainte-Adèle.

Un liquide caloporteur circulera en boucle fermée entre le bâtiment et des plaques d’échange de chaleur déposées dans l’étang d’eaux usées situé à une centaine de mètres.

« On n’a retrouvé l’équivalent nulle part au Québec et au Canada », affirme Alexandre Latour.

D'autres percées

Mais l’entreprise veut faire d’autres percées, si on peut dire.

Alors que le réchauffement climatique accroît les averses courtes et intenses, le stationnement du complexe servira à recueillir des données sur le ruissellement.

« On va faire des tests sur des matériaux – pavés, asphalte et béton perméables – qui laissent l’eau s’infiltrer et qu’on est un peu réticents à utiliser au Québec à cause de nos températures, poursuit le président. Avant d’aller faire un stationnement de 500 places pour un client, on va le tester dans notre mini-laboratoire, notre mini-campus. »

L’entreprise compte également installer une station de météorologie sur le toit de son édifice, monitorer l’utilisation de l’eau dans le bâtiment et mesurer les crues des deux rivières qui bordent sa propriété.

En somme, « on veut mettre à profit notre stationnement et nos aménagements pour valider les concepts qu’on utilise, commente le président. En gros, on veut se tromper chez nous avant d’aller se tromper ailleurs ».

L’Équipe Laurence souhaite également que le Campus du génie civil mérite son nom en attirant les jeunes professionnels de toutes expertises qui veulent s’installer dans les Laurentides.

Le complexe constituera « un centre d’attraction pour un bassin de jeunes talents », a-t-il résumé dans une formule qui coule de source.

De ce campus des civilités, il escompte un effet de synergie.

« En créant une espèce de petite Silicon Valley, on va pouvoir se démarquer et être encore meilleurs que les meilleurs. »

Les ponts sont coupés entre Matériaux Pont-Masson et RONA

PHOTO FOURNIE PAR GROUPE BMR

Jonathan Gendreau, vice-président à la stratégie et au développement du réseau, Alexandre Lefebvre, chef de la direction, chez Groupe BMR, Éric Bailey, copropriétaire et président, et Stéphane Bailey, copropriétaire et directeur, ressources matérielles, de Matériaux Pont-Masson

Vissée à RONA depuis 33 ans, Matériaux Pont-Masson se déboulonne du groupe acquis en 2016 par l’américaine Lowe’s, pour transférer ses sept succursales dans le giron du Groupe BMR, le plus important joueur québécois dans le secteur de la rénovation et quincaillerie. L’entreprise conserve toutefois son identité et sa marque. « La vision de BMR et ses stratégies d’affaires correspondent beaucoup plus à ce que nous recherchons pour nos clients et notre entreprise », a indiqué son président Éric Bailey. De son côté, RONA a fait savoir que le 28 juin dernier, elle avait informé Matériaux Pont-Masson qu’elle mettait fin à sa relation d’affaires, avec résiliation effective au 11 août 2021. Le centre de rénovation Matériaux Pont-Masson a été fondé en 1979 par Monique et Richard Bailey à Notre-Dame-du-Sourire, près du pont Masson, dont il a emprunté le nom. Maintenant dirigée par leurs fils Éric et Stéphane, l’entreprise emploie plus de 400 personnes.

Des sièges immersifs à la maison

Non, ce ne sont pas des fauteuils de piscine domestique. Les amateurs de jeux vidéo en réalité virtuelle pourront bientôt ressentir jusque dans leur postérieur leurs aventures simulées à domicile. La firme québécoise D-BOX, spécialisée dans les technologies dites « haptiques » (création de sensations par vibrations, mouvements et textures), a collaboré avec l’américaine Cooler Master pour lancer le premier fauteuil de jeu immersif au monde. Cooler Master se spécialise dans la conception et la fabrication de périphériques de jeu et de composants informatiques. Son nouveau siège haptique, qui peut servir pour le télétravail et les loisirs (mais pas simultanément), l’assoira fermement aux premiers rangs de son industrie en établissant « une nouvelle norme de divertissement à domicile », fait valoir le fabricant. Le fauteuil Motion 1 devrait commencer à être livré en janvier 2022 au prix de 2000 $ à 2300 $, ce qui le réservera sans doute aux amateurs munis d’un moelleux coussin financier.

Clubs de golf et vélos remis à neuf en ligne

Rien qui ressemblerait à du polo à bicyclette, mais Pierre-Luc Laparé a réussi à associer golf et vélo dans une aventure entrepreneuriale à succès. Le jeune président et cofondateur de Cycling Avenue et de Golf Avenue, présentés comme les plus importants détaillants en ligne de vélos et d’articles de golf remis à neuf, prévoit connaître une croissance de 35 % en 2021. Propulsée par le vent favorable du confinement, la double entreprise pense réaliser 200 000 transactions en 2021 sur l’ensemble de ses plateformes. Fondée en 2008, Golf Avenue a consolidé sa position en acquérant en 2019 le plus important acteur européen, Golfbidder. Son pendant à deux roues, Cycling Avenue, a vu le jour en 2019. Le site de vente en ligne propose des vélos révisés par des mécaniciens certifiés et permet également aux cyclistes de vendre ou d’échanger leurs montures. Cycling Avenue et Golf Avenue emploient une centaine de personnes à Montréal.

Deux entrepreneures québécoises contribuent au lancement d’une école de leadership outre-Atlantique

Le leadership féminin ne connaît pas de frontière. Deux entrepreneures québécoises donneront ce mois-ci des ateliers en visioconférence pour une école de leadership qui s’adresse notamment – quoique pas exclusivement – aux entrepreneures africaines. L’école en ligne est lancée cet été par le magazine Dirigeantes, en collaboration avec le cabinet Afrique RSE. « Notre position pour chaque activité est francophone (Canada, Europe et Afrique) », a informé Thierry Téné, directeur d’Afrique RSE. Fondé en République du Congo, Dirigeantes est depuis peu édité en France. La présidente de Coffrages Synergy, Isabelle Côté, est une des deux intervenantes invitées pour le volet intitulé Comment s’imposer et réussir sa prise de fonction. « Ça me fait très plaisir d’y être, a-t-elle confié. J’adore encourager les jeunes femmes, notamment dans les secteurs non traditionnels. » Paméla Sonya Ovono, présidente de l’agence de conseils en image et communication Angouane, établie à Montréal après avoir vu le jour au Gabon, intervient pour sa part dans l’atelier sur la gestion de l’image.

472 gins

C’est le nombre de marques qui ont été présentées par 233 entreprises du monde entier au volet Gin Masters 2021 du concours The Global Spirits Masters. La Distillerie de Montréal a trinqué : elle y a recueilli une médaille d’or pour son Gin de Montréal et des médailles d’argent pour le Madame Gin et le Gin rose.

Ce texte a été modifié le 13 juillet pour intégrer le point de vue exprimé par RONA.