Lorsqu’ils ne seront pas debout à l’acclamer, les spectateurs du nouveau spectacle de Céline Dion dans le flambant neuf Resorts World Las Vegas seront calés dans des fauteuils fabriqués à Montréal par Sièges Ducharme.

Marc Tison
Marc Tison La Presse

Le fabricant fournira 5000 fauteuils pour la nouvelle salle The Theater, elle-même conçue par Scéno Plus, une autre firme montréalaise.

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L’entreprise de 65 employés a remporté cet important contrat « sur la base de la qualité de [sa] proposition d’affaires au niveau du prix, de la qualité du produit et de la notoriété de l’entreprise », explique son président, Éric Rocheleau. « On était la meilleure offre sur la table. »

Le siège retenu est dérivé du modèle Théâtre Arté, dont le dossier et l’assise, galbés en contreplaqué, portent des rembourrages habillés de tissu. « Les structures ont été étudiées mécaniquement. Ensuite, on habille nos sièges en fonction des besoins du client », décrit le président.

Essences de bois massif, placages, teintures, tissus, profils des accoudoirs et des appliques de bouts de rangée : tout peut être adapté aux besoins du client et aux intentions de l’architecte. « À la fin, le siège est unique à la salle. »

Ils seront livrés en quatre ou cinq largeurs différentes, dont la judicieuse répartition permet une disposition des sièges en quinconce afin que chaque spectateur ait une vue dégagée sur la scène. La fabrication est en cours dans l’usine de Montréal. En dépit des difficultés d’approvisionnement qu’a entraînées la crise, « on va réussir à livrer ».

Asseoir sa réputation

Sièges Ducharme avait timidement fait son entrée sur le marché américain au début des années 2010. Mais à partir de 2016, le manufacturier a véritablement commencé à y asseoir sa réputation. « En 2016, c’était ça, notre problématique : le nom n’était pas établi », constate Éric Rocheleau.

Au cours des dernières années, l’entreprise a accumulé les projets prestigieux, tel le Hard Rock Seminole Hotel de Floride, où elle a installé 5500 sièges. Malgré la COVID-19, elle a fourni en 2020 les 2200 fauteuils pour la rénovation du vénérable War Memorial Opera House de San Francisco.

La fréquence de ces projets prestigieux augmente depuis trois ans. « On en a au moins un par année, affirme Éric Rocheleau. On confirme notre notoriété dans ce créneau-là. »

L’entreprise, qui travaille sur des projets à échéance de deux ou trois ans, voit clairement se profiler la sortie de crise aux États-Unis. « Le soleil est devant nous », formule le président.

Son succès repose notamment sur la gestion de projets complexes – une réputation confirmée par un sondage mené auprès de sa clientèle américaine en début d’année. « Maintenant, Ducharme est un nom établi », se réjouit M. Rocheleau. « Aujourd’hui, quelqu’un parle de faire un projet, et automatiquement, le réflexe est de dire : tu devrais parler à Ducharme. »

Des sièges partout en Amérique, un siège social à Montréal !

Croissance de 500 % grâce aux achats locaux

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Andrea Gomez et Rachelle Séguin, fondatrices d’Omy Laboratoires

Est-ce l’effet combiné du télétravail, des glauques apparitions en visioconférence et du pâle portrait reflété par les miroirs domestiques ? Le confinement et le mouvement d’achat local ont profité à Omy Laboratoires, fabricant des produits de soins pour la peau, qui a vu ses ventes en ligne quintupler depuis 12 mois pour atteindre 5 millions.

Fondée en 2018 par Rachelle Séguin, chimiste cosméceutique, et Andrea Gomez, cosméticienne, Omy s’appuie sur son logiciel d’intelligence artificielle SkinIA pour proposer aux clients, sur la base d’un questionnaire et d’une photo du visage, un choix personnalisé de produits pour la peau.

La pandémie a incité les entrepreneures à abandonner leur stratégie de boutiques éphémères dans les centres commerciaux pour insister plutôt sur la pub et la vente en ligne. L’entreprise de 25 employés montre depuis lors un teint radieux et déménagera à l’automne dans un nouveau et plus vaste laboratoire pour répondre à la demande.

Ça bouge chez D-BOX

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D-BOX a conclu une entente avec l’exploitant américain Cinemark pour l’installation de ses fauteuils actifs dans huit salles supplémentaires, ce qui portera à 99 le nombre de salles Cinemark munies de sièges D-BOX aux États-Unis.

Avec la reprise économique et le déconfinement, il y a à nouveau du mouvement dans les salles de cinéma nord-américaines, et particulièrement au creux des fauteuils D-BOX. L’entreprise montréalaise a conclu une entente avec l’exploitant américain Cinemark pour l’installation de ses fauteuils actifs dans huit salles supplémentaires, ce qui portera à 99 le nombre de salles Cinemark munies de sièges D-BOX aux États-Unis. Ils seront installés au cours des 18 prochains mois.

Les mouvements et vibrations des fauteuils dits « haptiques » – adjectif qui signifie relatif au sens du toucher – sont synchronisés avec l’action montrée à l’écran, pour mieux y plonger le spectateur. En dépit de la pandémie, D-BOX « a maintenu sa présence dans près de 760 salles de plus de 40 pays », informe l’entreprise. Outre son siège social montréalais, D-BOX possède des bureaux à Los Angeles et à Pékin.

Vertika Design : nouvelle chaîne de franchisés unique au pays

Fort heureusement, Nicolas Desjardins a frappé le mur qu’il a d’abord cherché à éviter. Le fondateur de Béton Surface, dont les franchisés offrent des services de finition de planchers de béton, a fondé avec son associé, Patrice Bélair, une nouvelle chaîne vouée cette fois à l’installation de parements muraux intérieurs : Vertika Design.

L’idée vient d’un franchisé qui, durant l’été 2020, a proposé d’ajouter aux services de Béton Surface l’installation de briques décoratives intérieures, avec un nouveau produit mis au point par un petit groupe d’entrepreneurs de Sherbrooke. D’abord réticent, c’est en voyant ces minces et légères imitations de briques que Nicolas Desjardins a décidé plutôt de créer un réseau distinct, qui se consacre au design et à l’installation de revêtements muraux intérieurs. À ces briques, il a ajouté les lambris de bois et les murs végétaux. « Nous avons vendu 15 territoires sur 34 au Québec depuis janvier et nous avons déjà sept franchisés en opération », se réjouit-il.

« Personne au Canada n’offre ce service clés en main », soutient Patrice Bélair.

IN-RGY acquiert une entreprise mexicaine

En dépit de la pandémie et de ses contraintes, IN-RGY, entreprise montréalaise de conseil en intégration de systèmes SIRH (système d’information des ressources humaines), a acquis la société mexicaine AYAX, ce qui lui ouvre les portes du marché latino-américain.

Sur son territoire, AYAX est le plus important partenaire de service du fournisseur américain de logiciels et systèmes de gestion de ressources humaines UKG, dont IN-RGY est un partenaire certifié. « L’entreprise canadienne cherche à capitaliser sur l’expérience et la réputation d’AYAX à travers les solutions UKG », a fait valoir IN-RGY. Fondée en 2008 et établie à Montréal, IN-RGY emploie plus de 130 personnes au Canada, aux États-Unis, en Espagne et désormais au Mexique.

54 %

C’est la proportion de PME manufacturières québécoises qui ont connu en 2020 une diminution d’au moins 5 % de leur chiffre d’affaires par rapport à 2019. Pour les quatre années précédentes, la moyenne était de 11 %.

Source : Baromètre industriel québécois, 12e édition, STIQ