Poussé à plein régime depuis un an par la forte demande de meubles pour le télétravail à domicile durant la pandémie, alors qu’il venait tout juste d’acheter son plus grand concurrent aux États-Unis, Bush Industries, le fabricant québécois de meubles prêts à assembler Bestar Bush continue sur cette lancée en accélérant les prochaines étapes de son plan d’expansion.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

« Nos ventes ont augmenté de 30 % l’an dernier avec la forte croissance du marché du télétravail à domicile et des achats en ligne suscitée par la pandémie. Et même si nous étions déjà bien implantés dans ces marchés, ce bond de la demande a accéléré nos projets pour améliorer notre logistique de distribution tout en augmentant notre capacité de production », explique Michael Gorham, vice-président exécutif des opérations chez Bestar Bush, lors d’un entretien avec La Presse au siège social de l’entreprise, à Sherbrooke.

Dans un premier temps, l’entreprise dont le chiffre d’affaires entièrement réalisé par commerce électronique vient de dépasser les 300 millions a confié au transporteur routier Groupe Robert la prise en charge de sa logistique de distribution et de livraison rapide qu’il faisait jusqu’à maintenant de son usine principale à Lac-Mégantic, en Estrie.

« Pour continuer d’améliorer notre logistique de distribution, qui est un élément primordial de compétitivité avec le commerce électronique, nous devions maintenant nous rapprocher d’un important carrefour de distribution et de transport, comme la région de Montréal », explique M. Gorham.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Édith Trachy, cheffe à l’administration et directrice financière chez Bestar Bush, et Michael Gorham, vice-président exécutif des opérations

Cette relocalisation des activités principales de distribution a permis de libérer un grand espace dans l’usine Bestar Bush de Lac-Mégantic afin d’y ajouter de nouveaux équipements de production.

Cet investissement prévu à hauteur de 3,5 millions vise à augmenter d’un tiers environ la capacité de production de Lac-Mégantic, et l’ajout d’une vingtaine de postes de travail en usine à son effectif total de 245 employés.

Travaux

Par ailleurs, cette expansion de la production chez Bestar Bush pourrait se répercuter chez son principal fournisseur de matière première et gros voisin industriel à Lac-Mégantic : le fabricant de panneaux de particules de bois Tafisa.

En parallèle, Bestar Bush lancera bientôt les travaux d’agrandissement et de réaménagement des bureaux de son siège social de Sherbrooke, qui est attenant à sa seconde usine sur le sol québécois.

Cet investissement de 3 millions de dollars permettra à Bestar Bush de doubler son effectif de cadres administratifs à une trentaine de personnes.

« Nous ajouterons quelques postes de gestionnaires en commerce électronique, un secteur d’activités dont le développement et la performance depuis des années sont devenus des éléments déterminants du plan d’affaires et de l’expansion de Bestar Bush dans le marché nord-américain des meubles prêts à assembler », souligne Édith Trachy, cheffe à l’administration et directrice financière chez Bestar Bush.

PHOTO FOURNIE PAR BESTAR BUSH

Bestar Bush fabrique des meubles prêts à assembler.

Quant aux installations de Bestar Bush aux États-Unis, Michael Gorham explique que la grande usine de Bush Industries acquise en janvier 2020 et située à Jamestown, dans l’État de New York, a de la capacité de production disponible dans son créneau des meubles prêts à assembler de « style plus traditionnel » par rapport à ceux fabriqués à Lac-Mégantic.

Par contre, Bestar Bush veut améliorer sa capacité de distribution dans le sud-ouest des États-Unis en regroupant au même endroit les deux installations encore distinctes de Bestar et de Bush Industries situées au Nevada et en Californie.

L’entreprise veut aussi rehausser sa présence dans le marché du sud-est des États-Unis avec l’implantation d’un nouveau centre de distribution à Atlanta, dans l’État de la Géorgie.

Croissance

Qu’en est-il de la suite des ambitions de croissance ?

Lors de leur rencontre avec La Presse, Michael Gorham et sa collègue Édith Trachy nomment deux avenues privilégiées afin d’accroître les parts de marché de Bestar Bush dans le marché nord-américain du mobilier résidentiel prêt à assembler.

Pour l’essentiel, on cherche les occasions d’ajouter de nouvelles catégories de produits à celles déjà prédominantes chez Bestar Bush : le mobilier de bureau à domicile, les meubles de rangement, ainsi que les lits escamotables.

Cet ajout de produits pourrait découler d’un développement à l’interne, comme les petits sofas qui s’ajouteront bientôt dans la boutique en ligne de la marque Bestar.

Mais il pourrait aussi se réaliser par l’acquisition de petits fabricants spécialisés dans une catégorie de produits qui viendrait diversifier rapidement l’offre de Bestar Bush.

Entre-temps, depuis le montage financier pour l’acquisition de Bush Industries en janvier 2020, les hauts dirigeants de Bestar Bush à Sherbrooke et à Jamestown (N. Y.) peuvent s’appuyer sur des actionnaires aux goussets bien garnis en capital de développement d’entreprises. Il s’agit de la société d’investissement Novacap (8 milliards de dollars en actifs sous gestion), de Desjardins Capital (2,5 milliards en actifs sous gestion) et du Fonds de solidarité FTQ (15,6 milliards en actif net).

« Ça fera bientôt quatre ans que nous sommes investis au capital de Bestar. Et cette entreprise qui était déjà performante vient de connaître une année exceptionnelle malgré le choc économique de la pandémie. C’est sûr qu’on est très motivés à continuer de la faire progresser », a indiqué Frédérick Perrault, associé principal chez Novacap, lors d’un entretien téléphonique avec La Presse.