Un repreneur potentiel de l’usine Câbles d’acier de Pointe-Claire, qui fermera ses portes d’ici mai prochain, est entré en contact avec son ministère, a fait savoir le ministre québécois de l’Économie Pierre Fitzgibbon vendredi.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

« Nous avons reçu une demande allant avec un plan pour relancer l’usine de la part d’un autre groupe », a-t-il indiqué dans un courriel.

« C’est toujours regrettable quand une entreprise ferme ses portes, poursuit le ministre. Dans ce cas-ci, nous comprenons qu’il s’agit d’une consolidation des activités de l’entreprise. On va travailler avec l’entreprise pour avoir la meilleure transition possible pour les employés affectés. Toute entreprise ou un groupe désirant relancer l’usine avec un plan d’affaire crédible, le ministère va l’étudier. Nous avons déjà reçu une telle demande. »

M. Fitzgibbon indique que les propriétaires actuels de l’usine, Bridon-Bekaert Ropes Group (BBRG), une division de la société Bekaert de Belgique, n’ont jamais contacté son ministère avant d’annoncer la fermeture de son usine.

L’annonce de mardi dernier a pris par surprise les 145 travailleurs de l’établissement situé au 5501, route Transcanadienne à Pointe-Claire. Des emplois à plus de 30 dollars l’heure comme les aime le premier ministre François Legault.

Le fabricant de câbles d’acier pour l’industrie minière et pétrolière est présent dans la région montréalaise depuis plus de 125 ans, à Lachine, d’abord, puis, à compter de 1974, dans l’Ouest-de-l’Île.

Une usine rentable

« C’est difficile à accepter, c’est sûr, dit au bout du fil Stéphane Collette, président du syndicat des employés de Câbles d’acier affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière de la CSN. C’est d’autant difficile à comprendre que l’usine fait de l’argent », enchaîne-t-il.

Les employés participent en effet à un régime de partage des bénéfices, payables trimestriellement. Ils ont reçu de tels paiements lors des six derniers trimestres, assure M. Collette. « On attend un nouveau paiement prochainement », précise-t-il.

Le syndicat a rencontré un conseiller de la CSN vendredi matin pour évaluer ses options. Il souhaite rencontrer la direction de Câbles d’acier mercredi prochain, mais n’a toujours pas reçu de confirmation. « On aimerait faire des représentations à l’employeur pour voir s’il y a une chance qu’il revienne sur sa décision et qu’il garde l’usine ouverte, mentionne M. Collette.

« Je souhaite que le ministre Fitzgibbon prenne son téléphone et contacte la direction de Câbles d’acier, ajoute le représentant des employés. On peut toujours bien essayer de faire quelque chose. » Le temps joue toutefois contre les employés, craint M. Collette, le propriétaire chercherait à se départir de l’usine de Pointe-Claire sans tarder.