Les avions de Transat reprendront le ciel jeudi soir, après 112 jours de pause forcée en raison de la pandémie. Le retour à des opérations rentables, lui, devra toutefois manifestement attendre encore quelques mois.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Le retour aux opérations est inédit pour Transat, qui est complètement inactive depuis quelques mois. À titre de comparaison, le transporteur n’avait cessé ses opérations que pendant deux jours à la suite des attentats du 11-Septembre. Si tout se passe comme prévu, le premier avion à l’étoile bleue à quitter Montréal devrait avoir pour destination Toronto, puis Londres.

La reprise des vols de Transat ne risque pas de provoquer la cohue à l’aéroport Montréal-Trudeau. L’engouement est modéré pour le moment, selon le vice-président aux ressources humaines et aux communications de Transat, Christophe Hennebelle.

« Il y a des ventes, dit-il. Pour les jours qui viennent, ce n’est pas trop mal. Il y a des destinations plus demandées que d’autres. Mais on part avec un volume très faible. On ne s’attend pas à absorber nos coûts de fonctionnement pendant l’été. »

M. Hennebelle cite Paris et Port-au-Prince parmi les destinations qui vont respectivement « bien » et « très bien ». Bien que l’entreprise ignore les raisons précises incitant ses clients à choisir leur destination, elle note qu’il s’agit de deux destinations populaires auprès des gens qui voyagent pour visiter la famille et les amis. Ce marché, baptisé « VFR » dans le jargon (visiting friends and relatives), est perçu par la plupart des analystes comme apte à se relever plus rapidement que ceux du tourisme ou des voyages d’affaires.

La demande n’est pas non plus très forte pour les destinations à l’intérieur du Canada, note M. Hennebelle.

On sent un certain dynamisme, mais la demande globale reste faible comparée à une situation pré-COVID-19.

Christophe Hennebelle, vice-président aux ressources humaines et aux communications de Transat

Comme la grande majorité des transporteurs à l’heure actuelle, Air Transat met en vente l’ensemble des sièges à bord de ses appareils, y compris ceux du milieu. Certains transporteurs, dont Air Canada, avaient restreint la vente de ceux-ci à un certain moment, pour limiter la proximité entre les passagers.

« On pense qu’on prend toute une série de mesures qui seront au moins aussi efficaces », note M. Hennebelle. La plupart des vols ne seront de toute façon pas pleins.

Horaire modifié

Le plan de retour en vol annoncé au début de juin par Transat a dû être légèrement modifié pour tenir compte des restrictions encore en vigueur. Ainsi, la reprise des vols à destination de Fort Lauderdale n’aura pas lieu avant le début de septembre. La reprise du lien vers Cayo Coco, à Cuba, est elle aussi remise.

À court terme, de Montréal, Air Transat volera donc directement vers Paris (seule destination quotidienne), Lyon, Toulouse, Athènes, Lisbonne et Punta Cana, en plus de Toronto, Calgary et Vancouver. Aucune décision n’a encore été prise quant à l’ajout de destinations au cours des prochaines semaines ou des prochains mois.

De son côté, Air Canada a modifié il y a quelques jours son horaire pour ajouter de nouvelles destinations en fonction de la levée de certaines restrictions. Le transporteur à la feuille d’érable relie maintenant Montréal à sept villes européennes, dont Paris et Francfort, de façon quotidienne, quatre villes américaines et trois destinations du Sud, en plus de multiples vols à l’intérieur du Canada.

Air Canada n’a toutefois pas voulu commenter le taux d’occupation de ces divers vols, indiquant plutôt que des informations à cet effet seraient dévoilées le 31 juillet, date de publication de ses résultats financiers trimestriels.